Le projet PS augmenterait la pression fiscale de 50 milliards en 5 ans

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Si elle arrivait au pouvoir, la gauche reviendrait sur les déductions fiscales de la droite.

Martine Aubry a présenté mardi officiellement les propositions du PS pour la campagne présidentielle de 2012. Destiné à servir de base au programme du futur candidat, le texte veut jouer la carte de la crédibilité économique : «Redressement de la France et redressement financier sont inséparables», peut-on lire en préambule . Compte tenu du contexte particulièrement tendu pour les finances publiques, «on ne peut pas promettre autant aujourd'hui qu'en 2002 ou en 2007», explique Michel Sapin a tout va. Pour ce projet, «nous n'avons pas voulu partir de la liste de ce qu'on voulait faire et ensuite chercher les moyens de les réaliser mais au contraire commencer par l'évaluation des possibles», détaille le député de l'Indre.

Du coup, le projet est certes financé, mais au prix d'une pression fiscale largement accrue pour les Français. Explications : le PS compte trouver des marges de manœuvre financières en revenant sur ce qu'il considère être les «mauvaises décisions» de la droite. Après avoir examiné au peigne fin toutes les niches fiscales et sociales créées depuis 2002 (bouclier fiscal, niches sur l'ISF, sur l'impôt sur le revenu et sur l'immobilier, détaxation des heures supplémentaires, TVA réduite dans la restauration, alignement de la fiscalité des stock-options, bonus sur les revenus du travail…), la Rue de Solferino prévoit ainsi de supprimer ou recalibrer celles qui sont «trop coûteuses, inefficaces ou injustes». «Nous n'allons évidemment pas tout remettre en cause, relève Michel Sapin. Nous ne sommes pas pour la suppression du crédit d'impôt recherche». Mais au total, «sur les 70 milliards de niches créées depuis 2002, nous en annulerons 50 milliards», annonce le texte. Ce qui revient à dire : augmenter les impôts de 50 milliards.

 

Les heures supplémentaires 

 

Le projet socialiste précise par exemple que les emplois d'avenir pour les jeunes (3,6 milliards) seront financés par la suppression de la détaxation des heures supplémentaires, «qui rend les embauches plus chères, qui a détruit 90 000 emplois et bloque tout espoir de baisse du chômage». Pour financer «l'amélioration des aides au maintien à domicile des personnes âgées dépendantes» et que chacune puisse «décider de son mode de vie», la gauche prévoit de rétablir la fiscalité sur les grosses successions à son niveau d'avant 2007.

Au total, la moitié de l'argent récupéré par la hausse de la pression fiscale ira aux dépenses supplémentaires pour les mesures en faveur de la compétitivité, de l'emploi, de l'éducation, de la santé et de la sécurité, à raison de 5 milliards par an.

L'autre moitié serait consacrée à la réduction du déficit. «La condition du succès, c'est le rétablissement des finances publiques», plaide-t-on au PS. «Nous voulons inverser la courbe de la dette le plus rapidement possible - dès début 2014 - pour que les marges de manœuvre soient consacrées non pas au paiement des intérêts mais à des politiques publiques nouvelles», renchérit Michel Sapin. L'objectif est un retour «du déficit très nettement en dessous de 3 % du déficit en 2017 ». À condition que la prévision de croissance retenue par le PS - une hausse du PIB de 2,5 % en moyenne sur les cinq années - se réalise…

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