Le projet de résolution sur l'aide à la Syrie examiné à l'Onu

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LE PROJET DE RÉSOLUTION SUR L'AIDE À LA SYRIE EXAMINÉ À L'ONU
LE PROJET DE RÉSOLUTION SUR L'AIDE À LA SYRIE EXAMINÉ À L'ONU

par Louis Charbonneau et Gabriela Baczynska

MOSCOU (Reuters) - Le Conseil de sécurité de l'Onu a entamé mardi l'examen du projet de résolution réclamant l'acheminement d'une aide humanitaire dans les zones de Syrie assiégées, un texte que la Russie juge "détaché de la réalité" et auquel elle menace d'opposer son véto.

Rédigé par l'Australie, le Luxembourg et la Jordanie, il avait été soumis la semaine dernière aux membres permanents du Conseil.

"Nous avons eu un bon échange sur les défis que présente la situation humanitaire", a déclaré sans plus de détails l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine, à l'issue de la réunion du Conseil de sécurité.

Le vote ne devrait pas avoir lieu avant la semaine prochaine du fait de l'hostilité de la Russie, dit-on de sources diplomatiques. Il s'agit en outre de ne pas mettre en péril les fragiles négociations de paix qui ont repris lundi à Genève, ajoute-t-on.

"C'est un texte très simple. Il n'est pas politique. Il est équilibré. Il n'y a pas de raisons de s'y opposer. Il peut être amendé", a fait valoir Gérard Araud. Paris ne veut pas d'un texte "provocateur", a-t-il ajouté, laissant entendre que la France est prête à tenir compte des objections russes pour éviter un nouveau veto.

Malgré ces précautions, Moscou estime que le projet vise à créer les conditions d'une intervention militaire terrestre et a fait savoir qu'il s'y opposerait dans sa forme actuelle.

"Il (le projet) est pour nous inacceptable dans la forme dans laquelle il est actuellement préparé et, bien sûr, nous ne le laisserons pas adopter", a dit le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov.

Depuis le début du conflit syrien en 2011, la Russie et la Chine ont utilisé leur véto à trois reprises pour faire obstacle à des projets de résolution condamnant Damas et brandissant la menace de sanctions.

PRÈS DE LA MOITIÉ DES SYRIENS DANS LE BESOIN

"Nos partenaires occidentaux au Conseil de sécurité (...) ont proposé que nous coopérions à l'élaboration d'une résolution. Les idées qu'ils nous ont présentées sont absolument partisanes et détachées de la réalité", a jugé le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à l'issue d'un entretien avec son homologue algérien, Ramtane Lamamra.

Selon lui, le Conseil de sécurité de l'Onu ferait mieux de mettre au point une résolution condamnant les activités "terroristes", rapporte l'agence de presse Interfax.

"Laissez-moi vous dire que ce texte ne sera pas adopté", avait affirmé la veille Vitali Tchourkine.

Les Etats-Unis se sont, en revanche, dits très favorables au projet de résolution. "Le Conseil de sécurité doit parler d'une seule voix. Chaque jour qui passe sans un mot du Conseil, nous abandonnons le peuple syrien et nous renonçons à notre rôle de garant de la paix et de la sécurité internationale", dit Samantha Power, ambassadrice américaine à l'Onu, dans un communiqué.

La Coalition nationale syrienne, représentative de l'opposition en exil, a quant à elle exhorté l'exécutif onusien à prendre "les mesures nécessaires pour garantir l'arrêt immédiat des violences et permettre à tous ceux qui en ont besoin d'obtenir une aide".

Selon l'Onu, 9,3 millions de Syriens - près de la moitié de la population - ont besoin d'une aide humanitaire dont l'acheminement se heurte aux difficultés liées à la guerre et aux obstacles bureaucratiques.

Avec Michelle Nichols, Jean-Philippe Lefief pour le service français

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