Le projet de réforme bancaire ne fait pas l'unanimité

le
0
LE PROJET DE RÉFORME BANCAIRE NE FAIT PAS L'UNANIMITÉ AU SEIN DE LA CLASSE POLITIQUE
LE PROJET DE RÉFORME BANCAIRE NE FAIT PAS L'UNANIMITÉ AU SEIN DE LA CLASSE POLITIQUE

PARIS (Reuters) - La réforme bancaire présentée par le gouvernement va beaucoup moins loin que ce qu'avait promis François Hollande, estiment des députés de droite et de gauche, mais les premiers s'en réjouissent tandis que les seconds condamnent ce "recul".

Le gouvernement a défendu mercredi son projet de réforme bancaire destiné à protéger les dépôts et l'épargne des Français en cas de faillite d'une banque, assurant que le texte présenté en conseil des ministres concrétisait la promesse de remettre la finance au service de l'économie.

Bien qu'il n'exige pas des banques françaises de séparer leurs activités de dépôts et leurs activités de marché, une séparation prônée par les partisans d'une réforme radicale, le gouvernement leur demande d'isoler dans une filiale dédiée leurs activités pour compte propre.

Le texte sera soumis à l'examen du Parlement au début 2013 et, même si le vote risque d'être serré au Sénat, il semble acquis à l'Assemblée, où le PS dispose d'une majorité absolue.

"J'ai remarqué que M. Hollande avait dit qu'il allait 'mettre à bas la finance', je remarque que ce n'est pas du tout ce qu'il fait et ce qu'il avait dit, qu'il y aurait une différence et qu'il y aurait une séparation, un cloison étanche, que les banques de dépôts ne seraient pas les banques d'investissements et de placements", a déclaré l'ancien ministre UMP Eric Woerth, qui se réjouit de ce changement supposé.

"C'est un recul mais c'est tant mieux, heureusement pour la place financière", a-t-il ajouté. "Heureusement qu'il a ouvert les yeux, il y a des centaines de milliers d'emplois dans la finance, la finance ce n'est pas le diable, ce sont les dérives de la finance qui sont le diable."

"BRICOLAGE"

Le député écologiste Noël Mamère estime que le gouvernement a cédé devant le groupe de pression bancaire.

"Ce texte n'est pas conforme aux engagements pris par la gauche pendant la campagne, elle a encore cédé à un nouveau lobby qui est le lobby des banquiers", a-t-il dit à Reuters.

"Nous considérons, nous, qu'il fallait faire la différence entre les banques d'investissement et les banques de dépôts et là, on va proposer une loi qui s'arrête à mi-chemin et qui n'est en fait que du bricolage", a-t-il ajouté.

Le communiste André Chassaigne, président du groupe Front de gauche, a annoncé qu'il refuserait de voter la réforme sans des amendements pour une séparation plus nette.

"Comme le disait un écrivain, 'l'atterrissage ne correspond pas à l'envol'", a-t-il expliqué à Reuters. "Il y avait eu beaucoup d'engagements, d'envolées lyriques sur la séparation des banques de dépôts et des banques spéculatives et au final la loi qui nous est soumise est extrêmement insuffisante."

Même au Parti socialiste, on estime qu'il faudra amender le texte, ce que le gouvernement s'est dit prêt à accepter.

"C'est un texte qu'il faut améliorer parce qu'il est intéressant mais il est peut-être en deçà de nos attentes", a dit à Reuters le député Yann Galuté. "C'est un premier pas, mais il faut continuer".

Emile Picy et Yves Clarisse, édité par Gilles Trequesser

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant