Le projet de l'UE sur les migrants accueilli avec scepticisme

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L'UE PROPOSE DE RÉPARTIR ENTRE LES ÉTATS MEMBRES 40.000 MIGRANTS
L'UE PROPOSE DE RÉPARTIR ENTRE LES ÉTATS MEMBRES 40.000 MIGRANTS

par Adrian Croft

BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne a proposé mercredi de répartir entre les Etats membres de l'Union 40.000 migrants aujourd'hui accueillis par l'Italie et la Grèce mais son projet suscite le scepticisme, voire une franche hostilité, dans bon nombre des pays concernés.

L'exécutif communautaire propose d'accepter l'entrée sur le sol de l'UE de 20.000 réfugiés supplémentaires et de les répartir entre les différents pays membres. Ce dispositif bénéficierait principalement aux réfugiés venant de Syrie et d'Erythrée.

Rome et Athènes demandent depuis des mois l'aide de l'UE pour tenter de mieux faire face à l'afflux de migrants sur leurs côtes en provenance notamment des pays africains et du Moyen-Orient touchés par des conflits.

L'Italie et la Grèce sont les deux principaux points d'entrée en Europe des migrants, dont 600.000 environ ont cherché refuge dans l'UE l'an dernier et dont plusieurs milliers ont péri en tentant de traverser la Méditerranée.

Mais un certain nombre de gouvernements ont exprimé, sans même attendre les propositions détaillées de la CE, leur opposition ou au moins leurs fortes réserves face à l'hypothèse d'une répartition de 24.000 demandeurs d'asile actuellement en Italie et de 16.000 en provenance de Grèce.

Rien n'assure donc que ces propositions recevront un soutien suffisant des gouvernements de l'UE pour assurer leur adoption.

"Il semble bien que certains Etats membres soient réticents, mais il faut qu'ils acceptent le fait qu'il ne s'agit pas seulement de mots mais d'action", a dit le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, lors d'une conférence de presse.

UNE BASE DE DISCUSSION, DIT PARIS

La clé de répartition élaborée par la Commission est fondée sur la population, la situation économique et le taux de chômage de chaque pays. L'Allemagne devrait ainsi accueillir 22% des migrants pris en compte, soit environ 8.700, et la France 16,88%, soit 6.752 au total (4.051 venant d'Italie et 2.701 venant de Grèce).

Pour Paris, ces chiffres ne constituent qu'une base de discussion.

"On va examiner la proposition de la Commission. C'est une discussion sur une base ordonnée maintenant", a déclaré à Reuters un diplomate français.

"La France est prête à prendre une part. Elle a toujours accueilli un certain nombre de demandeurs d'asile. Mais il faut que d'autres en prennent plus", a-t-il expliqué.

L'Allemagne, elle, a exprimé son soutien aux propositions de la Commission. "On peut négocier la répartition. Ce ne sera pas facile, mais la méthode est juste", a déclaré son ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière.

En Grande-Bretagne, le gouvernement de David Cameron a déjà annoncé qu'il ne s'associerait à aucun dispositif, ce que lui permettent les exemptions accordées au Royaume-Uni.

L'opposition est vive aussi en Europe centrale et orientale. "Les quotas obligatoires et la distribution de réfugiés sans prendre en compte leur volonté n'est pas une solution viable à la crise actuelle des migrants", a dit le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka.

Son homologue hongrois, Viktor Orban, a quant à lui estimé que le projet de Bruxelles était "à la limite de la démence".

(avec Robin Emmott, Alastair Macdonald et Tom Koerkemeier à Bruxelles, Elizabeth Pineau à Paris, Hans-Edzard Busemann à Berlin, Robert Muller à Prague; Marc Angrand pour le service français)

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  • sarestal le mercredi 27 mai 2015 à 19:30

    France : 34% du PIB dans les prestations sociales et sans tenir compte des coûts d'hébergement.Les 35h c'est peanuts à côté !