Le projet de frappes "punitives" en Syrie se précise

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LA PERSPECTIVE DE FRAPPES OCCIDENTALES EN SYRIE SE PRÉCISE
LA PERSPECTIVE DE FRAPPES OCCIDENTALES EN SYRIE SE PRÉCISE

par Erika Solomon et Khaled Yacoub Oweis

BEYROUTH/AMMAN (Reuters) - La perspective de frappes aériennes occidentales en Syrie se précise d'heure en heure et la France a estimé mardi que le "massacre chimique de Damas" certainement commis par les forces pro-Assad le 21 août ne pouvait rester impuni.

L'opposition syrienne aurait été informée par les Occidentaux qu'une intervention militaire était désormais une question de jours, a-t-on appris auprès de participants à une réunion entre des émissaires des onze pays "Amis de la Syrie" et la Coalition nationale syrienne (CNS) à Istanbul, lundi.

Le chef du Pentagone, Chuck Hagel, a dit que l'armée américaine se tenait prête à agir, avec des forces en place "de manière à pouvoir accomplir toute mission que le président (Obama) nous demandera de mener". "Nous sommes prêts à y aller tout de suite", a ajouté le secrétaire à la Défense au micro de la BBC lors d'un déplacement dans le sultanat de Bruneï.

À Paris, le président François Hollande a déclaré que la France était, elle, "prête à punir" les responsables d'une "décision infâme de gazer des innocents" dans des quartiers de Damas tenus par les rebelles syriens.

A Londres, le Premier ministre britannique, David Cameron, a précisé que toute action militaire devait demeurer "ciblée" pour éviter un engagement dans une guerre au Proche-Orient.

Les membres de la chambre des Communes, en congé parlementaire, ont été rappelés pour débattre et voter sur une motion que présentera le gouvernement jeudi.

PUNIR LE RÉGIME D'ASSAD

Après s'être tenues à l'écart du conflit syrien pendant deux ans et demi, les puissances occidentales inclinent à s'y engager militairement car elles ont acquis la conviction que des armes chimiques ont été employées contre des populations civiles.

Les forces pro-Assad ont pour Washington et pour certains de ses alliés franchi ce que Barack Obama avait désigné comme une "ligne rouge" dans ce conflit.

François Hollande a résumé le sentiment qui règne parmi les partisans d'une intervention : punir les auteurs de ce que la Turquie a qualifié de "crimes contre l'humanité".

"Le massacre chimique de Damas ne peut rester sans réponse et la France est prête à punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents", a dit François Hollande, pour qui tout porte à croire à la responsabilité du régime syrien.

Un responsable américain a précisé que Barack Obama, qui a eu des entretiens avec le Premier ministre canadien, Stephen Harper, n'avait pas encore pris de décision sur une action armée. Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a toutefois rappelé que le président Obama "pense que ceux qui ont utilisé les pires armes existantes au monde contre le peuple le plus vulnérable du monde doivent être tenus responsables de leurs actes".

La Ligue arabe a pour sa part dit tenir Assad pour "pleinement responsable" et a invité l'Onu à agir. Quant à l'Arabie saoudite, elle a demandé à la communauté internationale d'avoir une position "décisive" face au président syrien.

CONSÉQUENCES RÉGIONALES

Sur le terrain, les inspecteurs de l'Onu autorisés à enquêter sur ces attaques ont reporté à mercredi une deuxième visite prévue après avoir été la cible de coups de feu, lundi, ceci "afin d'améliorer la préparation et la sécurité de l'équipe", dit un communiqué de l'Onu.

Niant les accusations portées contre lui, le gouvernement syrien a jugé "illusoire" de croire qu'une intervention militaire étrangère permettrait de modifier l'équilibre des forces entre les rebelles et les troupes soutenant Assad.

Le ministre syrien des Affaires étrangères a précisé que le gouvernement de Damas allait poursuivre ses opérations militaires, notamment autour de la capitale, en dépit des menaces en provenance de l'étranger.

La Chine qui, avec la Russie, alliée indéfectible de Damas, a opposé trois fois son veto à des résolutions du Conseil de sécurité de l'Onu condamnant le gouvernement syrien, s'est interrogée sur la détermination des Occidentaux.

L'agence de presse officielle Chine nouvelle a qualifié "d'irresponsable et de dangereuse" une telle initiative. Chine nouvelle écrit toutefois que les puissances occidentales seraient désormais prêtes à intervenir sans mandat de l'Onu comme cela avait été le cas en Irak en 2003.

Pour l'Iran, autre soutien de la Syrie, une intervention armée aurait des conséquences "dangereuses" qui s'étendraient à l'ensemble du Proche-Orient.

Face à ce risque de débordement, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a rappelé qu'Israël n'avait rien à voir avec le conflit syrien mais qu'il riposterait avec fermeté à toute tentative d'attaque.

Avec Mariam Karouny et William Maclean à Beyrouth, Marine Pennetier à Paris et les rédactions de Washington, Londres, Moscou et Dubaï, Pierre Sérisier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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  • LeRaleur le mardi 27 aout 2013 à 20:04

    Surtout qu'Assad a aidé la France à déjouer des attentats islamistes ces dernières années. Belle reconnaissance, et en plus pour les mensonges habituels des ricains.

  • dupon666 le mardi 27 aout 2013 à 19:58

    toujours les memes "empires" l'ancien en ruine et l'actuel qui va le rejoindre en enfer

  • dupon666 le mardi 27 aout 2013 à 19:57

    Pour punir qui?

  • LeRaleur le mardi 27 aout 2013 à 19:29

    On sait comment ça commence... Assad n'a plus qu'à se défendre le mieux possible.