Le programme de Sarkozy sur l'éducation coûterait 625 millions

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PARIS (Reuters) - La hausse des traitements des enseignants du secondaire et les autres réformes proposées cette semaine par Nicolas Sarkozy dans l'éducation nationale auront un coût compris entre 148 millions et 625 millions d'euros, estime l'Institut de l'entreprise.

Le président candidat a proposé mardi à Montpellier d'augmenter de 25%, soit environ 500 euros, la rémunération des enseignants du secondaire (collèges et lycées) qui accepteraient de passer de 18 heures de cours à 26 heures de présence par semaine dans leurs établissements.

Il a prôné en outre une augmentation des moyens (espaces, bureaux) mis à la disposition des enseignants ainsi que l'autonomie des établissements scolaires, qui seraient libres de recruter leurs professeurs.

La mesure sur les salaires sera financée par les économies obtenues par le maintien du non remplacement d'un départ à la retraite sur deux dans le secondaire, ce que Nicolas Sarkozy a confirmé jeudi matin sur France Inter.

"Nous estimons que le 'un sur deux' dans le secondaire, ce sera 7.000 postes supprimés, donc une économie de 210 millions d'euros qui sera intégralement recyclée pour rémunérer mieux ceux qui ont décidé de passer de 18 heures à 26 heures", a-t-il dit.

Selon l'Institut de l'entreprise, un centre de réflexion proche du patronat qui chiffre les propositions des principaux candidats à la présidentielle, cette seule mesure coûtera de 148 millions à 295 millions sur une base annuelle en fonction de l'intérêt des enseignants pour le nouveau statut.

DÉPARTEMENTS ET RÉGIONS MIS A CONTRIBUTION

Il confirme que le maintien du "un sur deux" se traduit en base annuelle par des économies de 208 millions d'euros. Mais sa suppression dans le primaire, également proposée par Nicolas Sarkozy, priverait l'Etat d'économies supplémentaires pouvant s'élever jusqu'à 800 millions d'euros sur un quinquennat.

La porte-parole du candidat, Nathalie Kosciusko-Morizet, avait estimé mercredi que le marché proposé aux enseignants des lycées et collèges serait neutre sur les finances publiques si le nombre de volontaires ne dépasse pas 40.000.

L'Institut de l'entreprise estime pour sa part le point d'équilibre à 58.000, 13% des enseignants du secondaire public.

Une autre proposition avancée à Montpellier, la liberté pour des établissements autonomes de recruter directement les professeurs avec une plus grande souplesse, coûtera "entre 0 et 330 millions d'euros" selon qu'ils disposeront ou non de moyens supplémentaires, évalue encore l'Institut.

A ce stade, les subventions de l'Etat aux collèges et lycées sont très faibles, ces établissements étant essentiellement financés par les départements et les régions.

L'Institut de l'entreprise se refuse enfin à chiffrer à ce stade l'augmentation des espaces promise par Nicolas Sarkozy, estimant que le montant des travaux nécessaires pouvait être important mais ne saurait être évalué qu'au cas par cas pour chacun des 8.000 établissements secondaires publics.

Là encore, le coût sera à la charge des conseils généraux et régionaux, même si Nathalie Kosciusko-Morizet a fait état d'une part de l'Etat qui atteindrait 100 millions d'euros.

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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