Le profil de CEO évolue... lentement

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(NEWSManagers.com) - Qui sont les dirigeants d'aujourd'hui ? Le CEO américain est-il très différent du patron français ? Quels sont leurs points communs et leurs distinctions ? Leur profil a-t-il évolué au cours des dernières années ? La deuxième édition de l'étude " Route to the Top" , réalisée par Heidrick & Struggles International, et basée sur l'analyse des profils des CEO en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, relève un certain nombre de constantes fortes depuis 2011 : toujours peu ou pas de femmes, une faible minorité d'étrangers et un âge moyen stable.

Depuis 2011, la diversité a peu évolué pour les postes de CEO. Premier constat : les femmes peinent toujours à occuper des postes de dirigeantes. Si en France et en Allemagne le nombre de femmes CEO reste nul, elles sont moins nombreuses qu'en 2011 au Royaume-Uni (3% contre 4%) et, au contraire, plus nombreuses aux Etats-Unis (8% contre 6%). On note d'ailleurs que le nombre de femmes CEO a été multiplié par quatre de l'autre côté de l'Atlantique entre 2007 et 2013, alors que la tendance s'inverse sur le Vieux Continent.

Par ailleurs, le poste de CEO ne semble pas s'ouvrir davantage aux étrangers. Ainsi, les grands patrons venant d'ailleurs se raréfient dans tous les pays. La baisse la plus importante concerne la France, passant de 12% de CEO de nationalité étrangère (pour la plupart européens) en 2011 à 9% aujourd'hui. A l'opposé, le pays qui se distingue, malgré une légère baisse, est le Royaume-Uni, avec 39% d'étrangers (-2% par rapport à 2011), souvent originaires de pays du Commonwealth.

Autre point de stabilité, l'âge moyen n'a pas connu d'évolution majeure. Il reste stable en Allemagne (55ans) et au Royaume-Uni (53ans) et augmente légèrement en France (de 56 à 57) et aux Etats-Unis (de 57 à 58). Si cette donnée apparaît semblable dans les pays étudiés, il existe néanmoins des écarts entre les deux pays anglo-saxons : les Américains détiennent ainsi les CEO les plus âgés (71% de plus de 55 ans) alors que ceux du Royaume-Uni sont les plus jeunes (69% ont moins de 55 ans).

Etre titulaire d'un diplôme d'études supérieures semble être une nécessité dans tous les pays du panel. Néanmoins, l'évolution des deux dernières années montre que Français et Allemands apparaissent toujours très attachés aux études universitaires, avec, respectivement, 89% (+2%) et 88% (+4%) des CEO détenant un diplôme. A l'inverse, les Anglo-saxons suivent une tendance baissière avec par exemple seulement 50% de diplômés au Royaume-Uni.

Le parcours professionnel, malgré de légères évolutions, reste inchangé entre 2011 et 2013. Les CEO anglo-saxons viennent majoritairement de la finance, tandis que les Français sont pour la plupart issus d'une carrière de haut fonctionnaire et les Allemands d'une carrière d'ingénieur. Le mode d'accès au poste de CEO reste dans 70% des cas la promotion interne. Seule la France affiche une baisse, de 8% à 60%. L'Hexagone se distingue également par l'augmentation de la durée de vie du poste de CEO, qui passe de 6 à 8ans en moyenne.

En conclusion, le profil-type du CEO n'a pas vraiment évolué au cours des deux dernières années. Si de légères variations sont perceptibles, les grandes tendances ne connaissent pas de modification majeure. Les pays anglo-saxons se démarquent toujours de la France et de l'Allemagne. Si les premiers sont plus méritocratiques et ouverts à la diversité, les seconds paraissent toujours plus réticents aux profils atypiques et privilégient les CEO au parcours académique élististe.

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