Le procureur de Marseille parle d'"Everest de folie meurtrière"

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DEUX FUSILLADES EN 48 HEURES À MARSEILLE
DEUX FUSILLADES EN 48 HEURES À MARSEILLE

MARSEILLE (Reuters) - Le procureur de la République de Marseille a déploré lundi un "Everest de folie meurtrière" lors une conférence de presse organisée après deux fusillades qui ont fait quatre morts en moins de 48 heures dans deux cités des quartiers Nord.

Ces règlements de comptes ont fait au moins une victime collatérale, un jeune homme de 21 ans inconnu des services de police, tué samedi soir alors qu'il regardait un match de football dans une épicerie des quartiers Nord où a eu lieu la première des deux fusillades.

"Nous sommes actuellement face à ce que j'appelle un Everest de folie meurtrière qui nous conduit à maintenir le cap sans faiblir un seul instant", a déclaré Brice Robin.

"Tirer à l'arme automatique à l'intérieur d'une supérette où une quinzaine de jeunes regardent un match de foot à la télévision relève, selon moi, d'une folie meurtrière inadmissible et d'une lâcheté ignoble qui interpellent sur l'état d'inhumanité de ses auteurs", a ajouté le procureur.

Trois hommes ont été tués samedi soir dans une épicerie de nuit de la cité Bassens, dans le XVe arrondissement de Marseille, et un homme d'une cinquantaine d'années a été abattu lundi en fin de matinée dans la cité La Paternelle toute proche, dans le XIVe arrondissement. et

"Nous déjouons des assassinats et nous n'en avons jamais déjoué autant mais, malheureusement, cela n'empêche pas l'augmentation de ces règlements de comptes depuis le début de l'année 2016", a reconnu Brice Robin.

Les enquêteurs privilégient en général la piste de rivalités pour le contrôle du trafic de stupéfiants pour expliquer ces règlements de comptes qui ont déjà fait onze morts depuis le début de l'année dans l'agglomération marseillaise.

"NUMÉRO UN"

"Avoir entre 20 et 24 faits tentés ou commis chacune de ces dernières années dans le département des Bouches-du-Rhône est un chiffre important. On est malheureusement numéro un du classement sur cette thématique", a reconnu Eric Arella, Directeur Interrégional de la Police Judiciaire de Marseille.

La police marseillaise expérimente depuis 2015 une méthode de "pilotage renforcé du trafic de stupéfiant" qui vise à coordonner l'action du SRPJ et de la Sûreté urbaine de Marseille.

Les enquêteurs se concentrent notamment sur la guerre de territoire que se livrent quatre groupes rivaux pour le contrôle du trafic de stupéfiants dans les quartiers Nord.

"Notre taux de résolution était l'an dernier de 52%, un chiffre très au-dessus de la moyenne nationale. Nous avons pu empêcher quatre règlements de comptes ces dernières semaines", a poursuivi Eric Arella.

Les opérations de police régulières dans les cités des quartiers Nord, classés Zone de sécurité prioritaire par le ministère de l'Intérieur, peuvent également perturber l'équilibre entre trafiquants.

"Les résultats que nous obtenons déstabilisent les territoires, ils créent des vides, ils suscitent des convoitises, ils peuvent aussi expliquer la commission de ces règlements de comptes", avait déclaré dimanche à la presse Laurent Nunez, préfet de police de Marseille.

Selon le préfet de police, 28 réseaux ont été démantelés dans la ville depuis début 2015 et 230 kilos de cannabis, 11 kg de cocaïne ainsi que 1,3 millions d'euros ont été saisis. Quatre-vingt-deux trafiquants présumés ont été écroués.

(Marc Leras, édité par Simon Carraud)

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  • janaliz il y a 8 mois

    La loi républicaine s'étend donc à tout le territoire... qui disaient...