Le procureur de Marseille dénonce le manque de moyens

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    MARSEILLE, 15 janvier (Reuters) - Le procureur de Marseille 
a dénoncé vendredi la crise profonde des parquets en France, 
générée par "l'accroissement des missions" et par un "manque 
cruel de moyens" qui fait selon lui de la justice française le 
mauvais élève de l'Europe. 
    Brice Robin est membre de la Conférence nationale des 
procureurs de la République (CNPR), qui s'était déjà alarmée en 
décembre de la crise que traversent les parquets de France. 
  
    Il a souligné que la France ne comptait que 2,9 magistrats 
du parquet pour 100.000 habitants, contre 12 en moyenne dans le 
reste de l'Europe. 
    "Seule l'Irlande a moins de magistrats que nous", a déploré 
le procureur d'une ville qui est souvent à la "une" de 
l'actualité pour la criminalité qui s'y développe. 
    Il a rappelé que les magistrats français traitaient 2.500 
procédures chaque année, contre 615 en moyenne en Europe et que 
le budget de la justice était de 61 euros par habitant en France 
contre 120 euros pour le reste de l'Union. 
    Brice Robin a pris pour exemple la journée du 17 juin 2015 
où, pour faire face à 65 présentations de suspects, les 
magistrats de Marseille et leurs assistants ont terminé les 
débats contradictoires à 8 heures du matin. 
    "Il est urgent de faire une pause dans la multiplicité de 
nos missions pour nous recentrer sur notre cœur de métier, soit 
la poursuite des auteurs d'infractions pénales", a-t-il dit. 
    Les procureurs en France, qui ont décidé de réduire leur 
participation à certaines missions, réclament un "geste de 
recrutement" pour pallier le déficit de 864 postes vacants. 
    "Il faut être pragmatique et ne pas s'éparpiller. Je préfère 
me concentrer sur les priorités de la lutte contre le terrorisme 
et de radicalisation plutôt que participer à une réunion 
administrative ou faire des statistiques", a dit Brice Robin. 
    La CNPR milite pour l'inscription dans la Constitution de la 
réforme de l'indépendance du parquet, dont les membres sont 
aujourd'hui nommés par le Conseil supérieur de la magistrature 
(CSM) sur proposition du ministre de la Justice, qui peut 
toutefois s'affranchir de son avis. 
   "Le principe de notre désignation impacte notre indépendance, 
car notre nomination est sujette à caution puisqu'elle dépend 
trop de l'exécutif", regrette Brice Robin. 
  
 
 (Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse) 
 
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