Le prochain président de la BCE devra être allemand, dit la CSU

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    BERLIN, 18 avril (Reuters) - Le prochain président de la 
Banque centrale européenne (BCE) devra être un Allemand, ont dit 
lundi plusieurs représentants de la CSU, le parti bavarois allié 
de la chancelière Angela Merkel. 
    La BCE a été vivement critiquée ces derniers jours par des 
responsables politiques allemands qui reprochent à sa politique 
de taux extrêmement bas, voire négatifs, de créer des "trous 
béants" dans les comptes des épargnants et les fonds de pension 
des retraités, du fait de la baisse des rendements. 
    Hans-Peter Friedrich, l'un des figures de proue de la CSU et 
ancien ministre de l'Intérieur, a déclaré au quotidien à grand 
tirage Bild que la politique monétaire du président de la BCE, 
Mario Draghi, un Italien, avait conduit à "une perte massive de 
crédibilité." 
    "Le prochain dirigeant de la BCE devra être un Allemand, qui 
se sente lié par la tradition de stabilité monétaire de la 
Bundesbank allemande", a-t-il ajouté. Le mandat de Mario Draghi 
arrive à échéance en 2019. 
    Hans-Peter Uhl, le porte-parole de la CSU pour les affaires 
intérieures, a plaidé pour qu'un spécialiste allemand des 
questions financières prenne la tête de la BCE.  
    Le parti eurosceptique AfD, en pleine ascension sur la scène 
politique allemande, avait vivement réagi le mois dernier après 
que Mario Draghi eut jugé "très intéressant" le concept de 
"monnaie hélicoptère", qui verrait la banque centrale distribuer 
directement des liquidités aux particuliers pour essayer de 
relancer l'inflation. 
    Le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, s'est 
publiquement inquiété des "problèmes exceptionnels" pour les 
banques et les retraités allemands liés à la politique de taux 
ultra-bas menée par la BCE. 
    Le ministre français des Finances Michel Sapin avait réagi 
la semaine dernière aux propos de son homologue allemand en 
appelant Berlin à continuer de respecter l'indépendance de la 
BCE.   
    Le gouverneur de la Banque de France a estimé lundi qu'il 
fallait distinguer le débat "légitime" sur la politique 
monétaire et une remise en cause de l'indépendance de la BCE, 
"qui serait inacceptable." 
    "Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, a fait une 
mise au point salutaire en rappelant qu'on ne saurait juger la 
politique de la BCE du seul point de vue des épargnants et des 
retraités", a déclaré François Villeroy de Galhau dans un 
entretien au Figaro.     
 
 (Caroline Copley, Marc Joanny pour le service français, édité 
par Véronique Tison) 
 
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