Le processus de fermeture de Fessenheim sera engagé dès 2016

le , mis à jour à 13:29
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LE PROCESSUS POUR FERMER FESSENHEIM ENGAGÉ DÈS 2016, DIT SÉGOLÈNE ROYAL
LE PROCESSUS POUR FERMER FESSENHEIM ENGAGÉ DÈS 2016, DIT SÉGOLÈNE ROYAL

PARIS (Reuters) - La procédure permettant la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim débutera dès 2016 et le processus sera irréversible avant la fin du quinquennat, même si son arrêt n'est pas effectif avant cette échéance, a dit mercredi Ségolène Royal.

La fermeture de Fessenheim (Haut-Rhin) se fera "au plus tard en 2018", mais EDF devra dire dès l'année prochaine comment elle va s'y prendre, a ajouté la ministre de l'Ecologie à la sortie du Conseil des ministres.

Un décret sera pris pour "engager ce processus dès l'année prochaine", a précisé le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, à l'issue du conseil des ministres, soulignant lui aussi que ce processus serait "irréversible".

"La procédure devra commencer dès l'année prochaine et donc les engagements présidentiels seront tenus", a dit Ségolène Royal au lendemain d'une polémique avec les écologistes sur ce dossier, qui réclament la fermeture de la plus vieille centrale nucléaire de France avant l'élection de 2017.

Ségolène Royal a dit ne pas comprendre les vives critiques suscitées par les propos qu'elle avait tenus la veille au sujet des conséquences pour Fessenheim du report à fin 2018 de l'ouverture de l'EPR de Flamanville (Manche).

La loi sur la transition énergétique, adoptée en juillet, prévoit le plafonnement de la production d'énergie nucléaire à son niveau actuel, ce qui imposera la mise à l'arrêt d'une centrale - a priori la centrale alsacienne – lors du lancement de l'EPR de Flamanville.

DUFLOT APPELLE AU RESPECT DES ENGAGEMENTS

Or EDF a annoncé la semaine dernière que la mise en service de Flamanville n'interviendrait pas avant 2018.

"Il y a l'application de la loi, donc c'est assez simple maintenant puisqu'il y a un plafonnement de la production d'énergie nucléaire à 63,2 gigawatts, ce qui veut dire que quand Flamanville ouvrira, Fessenheim devra fermer", avait dit mardi Ségolène Royal à la presse en marge d'un déplacement à Strasbourg.

De nombreux responsables écologistes avaient alors accusé François Hollande de renoncer à son engagement de campagne de fermer Fessenheim avant la fin du quinquennat.

"La procédure devra commencer dès l'année prochaine et les engagements présidentiels seront tenus parce que ça va être irréversible", a répondu Ségolène Royal mercredi.

"EDF devra dire très clairement comment il devra s'y prendre pour fermer Fessenheim dès lors qu'il aura l'autorisation par arrêté ministériel (pour) Flamanville", a-t-elle ajouté.

La loi sur la transition énergétique prévoit dans son article 187 que, dix-huit mois avant la mise en service de l'EPR de Flamanville, EDF dise quels réacteurs il entend fermer en compensation, pour respecter le plafond de 63,2 gigawatts.

Le président du groupe socialiste, Bruno Le Roux, a souhaité sur RFI que Fessenheim "ferme avant la fin du quinquennat".

Pour l'ancienne ministre du Logement écologiste Cécile Duflot, repousser une fois de plus la fermeture de Fessenheim "poserait à la fois le problème du discrédit de la parole politique et la question du conservatisme du gouvernement".

"A quelques mois de la COP21 j'appelle François Hollande à respecter ses engagements", déclare-t-elle dans Libération.

(Gérard Bon, avec Elizabeth Pineau et Michel Rose, édité par Yves Clarisse)

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