Le processus d'échange montre des signes de progrès en Grèce

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LE PROCESSUS D'ÉCHANGE DE DETTE GRECQUE MONTRE DES SIGNES DE PROGRÈS
LE PROCESSUS D'ÉCHANGE DE DETTE GRECQUE MONTRE DES SIGNES DE PROGRÈS

par Lefteris Papadimas

ATHÈNES (Reuters) - Les grandes institutions bancaires et les fonds de pensions sont de plus en plus nombreux à signaler leur intention de participer au processus d'échange de dette grecque, augmentant les chances de succès de cette opération vitale pour le sauvetage de la République hellénique.

Un groupe de trente banques et fonds détenant un total de 81 milliards d'euros de dette grecque, 39,3% du montant en circulation, a dit mercredi qu'il prendrait part à l'échange, s'ajoutant aux autres établissements ayant déjà fait part d'intentions similaires.

Alors que l'heure tourne et que l'offre est prévue pour expirer jeudi à 20h00 GMT, les ralliements annoncés mercredi permettent d'approcher la proportion minimum de deux tiers nécessaire à la poursuite de la procédure d'échange. Athènes vise les trois quarts.

Dans la capitale grecque, l'optimisme semble de mise. Un responsable du ministère des Finances qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat a déclaré que la proportion de titres apportés par les créanciers privés devrait dépasser "de loin" les 75%.

"Sur la foi des données récoltées à présent, nous sommes optimistes sur les chances de dépasser de loin le seuil de 75%", a-t-il dit.

Cet échange est indispensable au déblocage par le Fonds monétaire international et les membres de la zone euro d'une aide de 130 milliards d'euros sans laquelle la Grèce serait acculée à la faillite.

Après des mois de négociations cahoteuses, la plupart des grands créanciers de la Grèce ont accepté de participer à l'échange, mais plusieurs grands banquiers et responsables politiques ont publiquement fait état de leur prudence sur les chances de succès.

PRUDENCE

"Sur la question de l'accord avec le secteur privé, je n'ai pas de boule de cristal", a pour sa part déclaré au Parlement le ministre néerlandais des Finances Jan Kees de Jager.

"Je ne peux le prédire avec certitude. Mais je le répète, c'est pour nous une condition (au déblocage de l'aide)", a-t-il poursuivi.

Dans un entretien accordé au journal Le Monde daté de jeudi,

Jean Lemierre, représentant des créanciers privés d'Athènes et conseiller du président de BNP Paribas Baudouin Prot, dit estimer que le résultat de l'opération est incertain.

"Il n'est pas possible d'être sûr de l'issue d'un tel processus (...). Mais le succès de l'offre est dans l'intérêt de tous. De la Grèce bien sûr, de la zone euro, mais aussi des créanciers privés."

Sur les 206 milliards d'euros de dette grecque en circulation, seuls 177 milliards relèvent du droit grec et peuvent à ce titre être concernés par une clause d'action collective décidée par le Parlement hellénique.

Les inquiétudes sur les chances de succès de l'offre d'échange ont soutenu mercredi la demande pour les obligations allemandes, les investisseurs jouant la carte de la prudence dans l'attente de l'expiration de la période ouverte pour l'apport des titres de dette et du règlement prévu lundi.

La décision de débloquer l'aide de 130 milliards d'euros promise à la Grèce en contrepartie de l'échange de dette et des efforts budgétaires doit être prise vendredi lors d'une conférence téléphonique organisée entre ministres des Finances de la zone euro.

Si Athènes ne reçoit pas de fonds avant le 20 mars, la Grèce

ne sera pas en mesure d'honorer 14,5 milliards d'euros de dettes arrivant à maturité.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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