Le procès du Norvégien d'ultra-droite arrêté en France reporté

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REPORT DU PROCÈS DU NORVÉGIEN D'ULTRA-DROITE KRISTIAN VIKERNES
REPORT DU PROCÈS DU NORVÉGIEN D'ULTRA-DROITE KRISTIAN VIKERNES

PARIS (Reuters) - Le procès pour ses écrits extrémistes d'un Norvégien d'ultra-droite arrêté en France parce que la police le soupçonnait de visées terroristes a été renvoyé jeudi au 3 juin 2014.

L'avocat de Kristian Vikernes, Julien Fressynet, a fait valoir devant le tribunal correctionnel qu'il n'avait reçu que lundi le dossier de 912 pièces concernant son client et n'avait pas eu le temps de préparer correctement sa défense.

Il a insisté en outre sur le fait que Kristian Vikernes était sous le coup d'une procédure d'expulsion et que son sort risquait de dépendre de l'issue de ce procès. "J'imagine que le ministre de l'Intérieur va se servir d'une éventuelle condamnation pour l'expulser", a dit Me Fressynet à Reuters.

Kristian Vikernes, qui insiste pour être appelé Louis Cachet, le nom de son épouse française qu'il a eu le droit de prendre en Norvège, s'est présenté à l'audience avec une barbe grise, une casquette de chasse et vêtu d'un blouson orné d'une tête de loup.

Le Norvégien, qui estime avoir été arbitrairement arrêté en juillet avec sa femme enceinte, a redit qu'il ne comprenait pas ce qu'on lui reprochait. Il affirme ne plus être néo-nazi mais "survivaliste", adepte de la vie en autarcie.

"Je sais que je suis accusé de plusieurs chefs, mais je n'ai pas reçu de preuves", a-t-il dit à la présidente du tribunal par l'entremise d'une interprète.

"BLACK METAL"

Kristian Vikernes, 40 ans, est poursuivi pour "provocation publique à la haine raciale", et "apologie de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité" en raison d'écrits antisémites et xénophobes diffusés sur son blog et d'éléments tirés de ses ordinateurs.

Il encourt 45.000 euros d'amende et cinq ans de prison.

A l'issue de l'audience, le Norvégien a salué une trentaine de sympathisants venus le soutenir et a signé des autographes.

Il avait été arrêté avec son épouse à leur domicile de Salon-la-Tour (Corrèze) puis libéré, son audition n'ayant mis en évidence aucune préparation de projet malgré l'achat d'armes par sa femme.

Kristian Vikernes est connu dans son pays comme musicien de "Black Metal", pour ses opinions d'extrême droite et pour avoir tué un rival artistique en 1993.

Les services de renseignement français le soupçonnent de sympathie envers le tueur norvégien Anders Behring Breivik, auteur de la tuerie de l'île d'Utoya en juillet 2011.

Mais si Kristian Vikernes a téléchargé le manifeste de ce dernier, il n'avait aucun lien avec lui et lui a reproché dans un texte d'avoir tué des jeunes Norvégiens, a rappelé son avocat.

L'ancien musicien se dit victime d'une "campagne de terreur du gouvernement socialiste contre lui et sa famille", réaffirmant n'avoir violé aucune loi.

En septembre, une commission composée de trois magistrats de Corrèze a rendu un avis défavorable à son expulsion de France. Il ne présente pas de danger pour "la sûreté de l'Etat ou la sécurité publique", selon des extraits de la décision mis en ligne sur le blog de l'intéressé.

La décision appartiendra en dernier ressort au ministère de l'Intérieur.

Gérard Bon, édité par Gilles Trequesser

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