Le procès du Mediator renvoyé à mai 2014

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LE PROCÈS DU MEDIATOR RENVOYÉ À MAI 2014
LE PROCÈS DU MEDIATOR RENVOYÉ À MAI 2014

PARIS (Reuters) - Le tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine) a renvoyé vendredi au 15 mai 2014 le procès pour "tromperie aggravée" de Jacques Servier et de ses laboratoires dans l'affaire du médicament Mediator afin d'obtenir un complément d'information.

La défense, ainsi que certaines parties civiles, avaient demandé un report dès le premier jour du procès, une instruction étant ouverte en parallèle pour les mêmes faits au tribunal de grande instance de Paris.

Jeudi, le parquet de Nanterre avait à son tour formulé cette demande, estimant nécessaire un supplément d'information pour juger cette affaire complexe. Il avait laissé la liberté au tribunal de fixer le délai du report.

Le tribunal a finalement décidé vendredi un renvoi lointain pour se situer après la fin théorique de l'instruction parisienne, qui devrait être achevée à l'automne, selon les prévisions du parquet.

"Cette décision m'apparaît totalement justifiée", a dit à Reuters Me Hervé Temime, avocat de Jacques Servier et des laboratoires éponymes. "Ça valide le fait que, malheureusement, les citations directes n'étaient pas appropriées dans cette affaire."

Charles Joseph-Oudin, l'un des avocats à l'origine des citations directes dont a été saisi le tribunal de Nanterre, s'est quant à lui dit déçu de ce nouveau renvoi. Le procès avait déjà été renvoyée d'un an en mai 2012.

"C'est une déception surtout pour mes clientes qui sont malades et dont l'espérance de vie est limitée", a-t-il dit. "Manifestement, il est très difficile de juger les laboratoires Servier, qui ne sont pas un justiciable comme les autres."

"ÉVITER DE DONNER DES ARMES REDOUTABLES"

Mais les parties civiles étaient divisées quant à l'opportunité d'un renvoi.

Pour Jean-Christophe Coubris, qui représentait 40 victimes dans la procédure de Nanterre, cette décision était "inévitable". Il invite les avocats ayant rédigé des citations directes à ses désister et à rejoindre la procédure parisienne.

"C'est la seule solution pour éviter de donner des armes redoutables aux équipes de Monsieur Servier à Paris", estime-t-il.

Retiré du marché en 2010, après plus de vingt ans de commercialisation, le Mediator provoquait des valvulopathies et de l'hypertension pulmonaire, selon plusieurs études.

Ce médicament pourrait être à l'origine de 220 à 300 décès à court terme et 1.300 à 1.800 décès à long terme en France, selon la plus récente expertise.

Environ 700 victimes étaient plaignantes dans le cadre de la procédure de Nanterre, contre 3.300 dans l'instruction parisienne.

Les laboratoires Servier, qui ont commercialisé le Mediator, sont soupçonnés d'avoir dissimulé la vraie nature et les risques de ce coupe-faim présenté comme antidiabétique.

Jacques Servier et quatre anciens responsables du groupe encourent quatre ans de prison et 75.000 euros d'amende devant le tribunal correctionnel Nanterre. Les laboratoires Servier et la société Biopharma risquent 375.000 euros d'amende.

Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

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