Le procès de Hissène Habré ajourné au 7 septembre

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(Commentaires, détails) par Diadie Ba DAKAR, 21 juillet (Reuters) - Le procès de l'ex-président tchadien Hissène Habré pour crimes contre l'humanité a été ajourné mardi au 7 septembre, afin de permettre à ses avocats commis d'office de préparer sa défense. L'ancien homme fort du Tchad, au pouvoir entre 1982 et 1990, a de nouveau été conduit de force devant le tribunal spécial de Dakar, au deuxième jour des débats. Il est resté silencieux quand le président du tribunal a appelé ses avocats, qui ne se sont pas présentés. L'audience a alors été suspendue et trois avocats commis d'office ont été désignés pour assurer la défense du prévenu, avec un délai de 45 jours pour s'informer du dossier. "Les victimes luttent depuis 25 ans. Elles ne le souhaitent pas, mais elles peuvent encore attendre 45 jours", a déclaré Reed Brody de l'organisation Human Rights Watch, qui s'occupe du dossier depuis 1999. Hissène Habré, 72 ans, refuse de reconnaître les Chambres africaines extraordinaires, une juridiction créée en 2013 par le Sénégal et l'Union africaine pour le juger. L'ancien président tchadien a été arrêté la même année à Dakar, où il s'est exilé en 1990 après avoir été renversé par Idriss Déby, l'actuel président. Il est accusé de crimes de guerre, crimes de torture et crimes contre l'humanité et risque une peine de réclusion à perpétuité. 40.000 MORTS Le procès devra déterminer s'il a ou non personnellement ordonné la mort et la torture de milliers d'opposants politiques ou de membres d'ethnies rivales. Une commission de la vérité au Tchad a rassemblé les preuves de près de 4.000 meurtres et évalué le total des morts à 40.000. Une enquête de Human Rights Watch en 2001 a permis la découverte de milliers de documents au siège abandonné de la DDS (Direction de la Documentation et de la Sécurité), la police politique tchadienne, rendant compte à Hissène Habré de l'état des détenus. Au premier jour de son procès lundi, Hissène Habré, qui est âgé de 72 ans, a perturbé les débats en scandant des slogans, soutenu par une poignée de partisans. L'audience a dû être suspendue. En quittant le tribunal mardi, l'ex-président tchadien a brandi son poing, ses partisans criant "Courage" ou "Mandela". William Bourdon, l'un des avocats des victimes, estime que le refus de coopérer affiché par Hissène Habré a pris le procès en otage et redoute que le prévenu récuse ses avocats commis d'office à la reprise des audiences. Reed Brody estime que Habré cherche à exploiter les ressources limitées du tribunal, qui a un budget de 8,6 millions d'euros. "Un délai de 45 jours dans ce procès censé durer 90 jours va accroître le budget de près de 50%", a-t-il relevé. (Nicolas Delame et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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