Le prix Nobel de littérature attribué à Svetlana Aleksievitch

le , mis à jour à 18:33
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(Actualisé avec déclaration de la lauréate) STOCKHOLM, 8 octobre (Reuters) - Le prix Nobel de littérature 2015 a été attribué jeudi à la Biélorusse Svetlana Aleksievitch, auteur notamment de "La Supplication - Tchernobyl, chronique du monde après l'apocalypse". L'académie suédoise l'a distinguée pour "son oeuvre polyphonique, mémorial de la souffrance et du courage à notre époque", dit-elle dans un communiqué. Âgée de 67 ans, Svetlana Aleksievitch, née le 31 mai 1948 en Ukraine d'un père biélorusse et d'une mère ukrainienne, a fait des études de journalisme à Minsk. "Pratiquant divers genres, elle a puisé son inspiration chez Sophie Fédortchenko (1888-1959), infirmière connue pour son journal du front documentant le vécu des soldats russes pendant la Première guerre mondiale, ainsi que chez l'écrivain biélorusse Alès Adamovitch (1927-1994), auteur de récits de guerre documentaires", peut-on lire dans la biographie diffusée par le comité. "Pendant de nombreuses années, elle a réuni les matériaux pour son premier livre, 'La guerre n'a pas un visage de femme', basé sur des interviews de centaines de femmes ayant participé à la Deuxième Guerre mondiale." "La Supplication", son oeuvre la plus remarquée et la plus primée parue en 1997, a pour sujet la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, survenue en 1986, et ses conséquences. Svetlana Aleksievitch est la 14e femme à recevoir le prix Nobel de littérature. "Elle a inventé un nouveau genre littéraire. Elle transcende les formats journalistiques (...) Si vous retirez son travail des rayons, il y aura des vides béants. Cela en dit long sur son originalité", a commenté Sara Danius, secrétaire permanente de l'Académie Nobel. Lors d'une conférence de presse organisée à Minsk après l'annonce de son prix, Svetlana Aleksievitch a évoqué le conflit séparatiste de l'est de l'Ukraine, qu'elle a assimilé à une "invasion" russe. "Il s'agit d'une occupation, d'une invasion étrangère", a-t-elle déclaré. "J'aime le bon monde russe, le monde humanitaire russe, mais je n'aime pas le monde russe de Beria, de Staline et de Choïgou", a-t-elle poursuivi. Lavrenti Beria était chef du NKVD, la première police politique de l'URSS, sous le règne de Joseph Staline. Sergueï Choïgou est l'actuel ministre russe de la Défense. (Daniel Dickson avec Andrei Makhovsky à Minsk; Pierre Sérisier et Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Marc Angrand)

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