Le prix du tabac augmente de 30 centimes par paquet

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Confirmée par le ministre du Budget mi-septembre, cette hausse des prix se traduit pour l'État par 660 millions d'euros de recettes fiscales supplémentaires par an.

Nouvelle flambée des étiquettes dans les civettes. Les paquets de cigarettes se vendent en moyenne 30 centimes de plus à partir de ce lundi, soit une hausse d'environ 6%. L'arrêté ministériel fixant cette augmentation, qui intervient un an presque jour pour jour après la précédente hausse, est paru samedi au Journal Officiel.

Confirmée par François Baroin, le ministre du Budget, mi-septembre, cette hausse des prix se traduit pour l'État par 660 millions d'euros de recettes fiscales supplémentaires par an. Ainsi, selon Bercy, les recettes de l'État au titre du droit de consommation du tabac (hors TVA) devraient pour la première fois en 2010 dépasser les 10 milliards d'euros. Ces sommes sont essentiellement allouées au budget de la sécurité sociale et seront réparties entre différentes caisses.

Une hausse «modérée et raisonnable»

Pour François Baroin, chargé d'homologuer les changements de prix souhaités par les fabricants, cette augmentation est «modérée et raisonnable», et donc cohérente avec le plan Cancer 2 du président Nicolas Sarkozy. Un argument qui ne convainc guère les associations de lutte contre le tabagisme, selon lesquelles une hausse inférieure à 10% n'a pas d'effet sur la consommation, et donc sur la santé publique, alors que le tabac provoque 60.000 morts par an en France.

Sur son site internet, Droit des non-fumeurs (DNF) demande même au gouvernement et au président de la République de préférer «une augmentation de 60 centimes tous les deux ans», plutôt que des «petites augmentations de 30 centimes par paquet de cigarettes chaque année». Pour l'Office français de prévention du tabagisme (OFT), «cette augmentation demandée par l'industrie du tabac est calculée au centime près pour ne pas faire baisser la consommation».

Les buralistes craignent pourtant les effets de cette nouvelle hausse des prix du tabac. Selon eux, il ne s'agit pas seulement d'une «valse des étiquettes». Avec cette hausse, «c'est tout un réseau qui risque de tanguer», explique la Confédération des buralistes. Pour la profession, l'augmentation des prix risque de «relancer les achats de cigarettes en dehors du réseau officiel». C'est-à-dire de l'autre côté des frontières (Espagne, Belgique, Allemagne) où les cigarettes sont 20 à 30% moins chères, à la sauvette ou sur internet.

Les craintes des buralistes

Selon Pascal Montredon, le patron des buralistes, «18 à 20%» des cigarettes fumées en France n'ont pas été achetées dans un des 28.000 débits de tabac. Il demande une étude officielle sur le phénomène. De leurs côtés, différentes enquêtes de fabricants évaluent entre 12 et 22% les achats hors du réseau officiel.

Le 9 novembre 2009, les prix du tabac avait déjà étérelevés d'environ 6%, hausse déjà critiquée par les anti-tabacs comme étant trop faible pour être efficace en termes de santé publique. Cette hausse n'a d'ailleurs pas modifié sensiblement les ventes des buralistes qui n'ont baissé que de 0,2% sur les huit premiers mois de 2010 par rapport à 2009. Les données dubaromètre santé 2010 montrent que la consommation de tabac a augmenté de près de 2% entre 2005 et 2010.

Les députés ont récemment repoussé un amendement d'Yves Bur proposant de surtaxer les profits des fabricants. Prochaine étape, des photos choc seront obligatoires au dos de tous les paquets courant avril. Et le gouvernement continue de réfléchir à un paquet générique, sans logo ni couleur.

(Avec AFP)

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