Le prix du risque

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Communiqué

Le prix du risque

Le 30 juin 2007, c'est-à-dire à la veille de la crise, le prêteur qui souhaitait investir sur une période de 2 ans dans des titres de créances privées de bonne qualité se voyait offrir une rémunération d’Euribor + 9 bp en moyenne. Ce même investisseur se voit maintenant proposer une marge d’environ 430 points de base pour un placement équivalent !

En 2007 comme aujourd’hui les marchés clairement s’égarent. De ridiculement faible, le prix du risque est devenu exorbitant. Leur aveuglement d’avant crise est tout aussi irrationnel que leurs excès actuels, même s’il est vrai qu’entre ces 2 périodes, les fleurons de la finance mondiale ont sombré et les économies sont entrées dans une récession profonde.

Ces excès seront donc fatalement corrigés comme ils le sont toujours sur les marchés financiers. La question est bien sûr de savoir quand ? Notre sentiment est que les choses pourraient aller un peu plus vite que ce que l’on peut imaginer.

Les milliards mis sur la table par les Etats finiront tout de même bien par raviver la demande ! Les milliards injectés dans les banques permettront, espérons-le, de rétablir la confiance dans le système, et de relancer le crédit.

Comme en témoigne la réduction de l’écart entre les taux interbancaires et l’Eonia, les banques commencent d’ailleurs à se reprêter de l’argent. C’était un préalable qui marque le début de la fin de la crise de liquidité, cause de tant de malheurs au cours de ces derniers mois.

Sur les marchés actions, la volatilité a entamé un certain reflux, certes d’autant plus chaotique que des répliques du séisme de 2008 sont toujours à craindre. Mais c’est également le signe d’une baisse de l’aversion pour le risque.

Ce qui cependant à nos yeux pourrait accélérer le processus de normalisation des marchés, c’est le coût d’opportunité des actifs (dits) sans risque. Avec un Eonia à 2% et probablement bientôt à 1,5 ou 1%, avec un bon du Trésor à 3 mois à 1,25% et un BTAN 2 ans à 1,65%, combien de temps les investisseurs vont-ils en effet résister à une réallocation de leur portefeuille vers des actifs plus rémunérateurs ? Il suffit de voir par exemple l’engouement rencontré par les nouvelles émissions sur le marché obligataire en ce début d’année pour imaginer que ce mouvement pourrait effectivement s’enclencher dans les prochaines semaines.

A un tel prix, le risque vaut le coup d’être pris !

Eric Bourguignon


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