Le prix du pétrole pourrait encore chuter d'ici mars

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par Henning Gloystein et Gavin Maguire SINGAPOUR, 19 novembre (Reuters) - Les négociants en pétrole se préparent à l'éventualité d'une nouvelle chute des cours d'ici mars 2016, suggèrent les positions actuelles prises sur les marchés à terme, un scénario qui s'appuie sur la conjonction d'un hiver particulièrement doux dans l'hémisphère Nord et d'une possible reprise des exportations iraniennes. Le cours du brut ont déjà chuté d'environ 60% depuis la mi-2014 et l'offre mondiale dépasse toujours la demande, un excédent que les analystes voient perdurer durant une bonne partie de l'année à venir. Goldman Sachs a estimé jeudi qu'il existait un risque important de "forte baisse" des cours. "Un hiver doux au cours des mois à venir pourrait se traduire par une faible demande de chauffage aux Etats-Unis et en Europe", explique la banque. Cela "pourrait être l'élément déclencheur d'ajustements sur le marché physique et faire tomber les cours du pétrole au niveau des coûts de production, que nous estimons autour de 20 dollars le baril". La forte hausse récente des positions à la vente (put) pour mars à un prix d'exercice de 35 dollars le baril pour le Brent et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) suggère que l'opinion de Goldman Sachs est largement partagée sur le marché. Pour le WTI, les positions put à 30 dollars ont plus que doublé depuis le 10 novembre. Pour le Brent, elles restent stables, à un niveau plus modeste. Jeudi matin, à Londres, le WTI se traitait à 40,75 dollars le baril CLc1 , le Brent à 44,40 LCOc1 . EL NIÑO ET L'IRAN RISQUENT DE PESER SUR LES COURS Cette situation correspond avec l'opinion selon laquelle, si les cours du pétrole restent globalement sous pression, ceux du WTI pourraient baisser plus vite et plus fortement que ceux du Brent. Goldman Sachs et d'autres analystes estiment que la persistance d'une forte production de pétrole de schiste américain, que les producteurs ne sont pas autorisés à exporter, pourrait saturer les capacités de stockage des Etats-Unis. Parallèlement, le phénomène climatologique El Niño devrait se traduire par un hiver doux dans l'hémisphère Nord, donc limiter la demande de fioul domestique. Et le marché pourrait devoir s'adapter à une augmentation rapide des exportations iraniennes si les sanctions sont levées, ce que de nombreux analystes jugent possible au premier semestre de l'an prochain. L'une des options envisagées pour tenter d'amortir l'impact d'un tel scénario consisterait à utiliser des tankers pour stocker du brut en mer en attendant une remontée des cours. Mais elle requiert une courbe des prix à terme qui assure un prix futur suffisamment plus élevé que le prix actuel pour couvrir les coûts de stockage. Or pour l'instant, ces conditions ne sont pas réunies. Les analystes pensent donc que les prix "spot" risquent de devoir baisser davantage pour rendre le stockage en mer viable. (Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)


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