Le prix du gaz va augmenter de 5 %

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INFO LE FIGARO - La nouvelle hausse, effective à partir du 1er avril, portera à 20 % l'envolée de la facture en un an. Sur RTL, le ministre de l'Energie, Eric Besson, ne confirme pas l'information, mais reconnaît que la mesure est à l'étude.

Le répit aura été de courte durée. Le prix du gaz, qui avait été gelé le 1er janvier dernier sur décision du gouvernement, s'apprête à repartir à la hausse. La nouvelle majoration sera effective à partir du 1er avril prochain, en vertu du système de ­révision trimestrielle. Les ultimes ajustements ont lieu ces jours-ci. Et, selon nos informations, l'augmentation oscillera entre 4,8% et 5,2%. "Je ne confirme pas, a déclaré Eric Besson, le ministre de l'Energie sur RTL. C'est quelque chose qui est à l'étude et qui sera annoncé dans les semaines qui viennent".

10,8 millions de foyers raccordés au gaz naturel sont concernés par cette mauvaise nouvelle. La hausse d'environ 5% représente un surcoût de l'ordre de 45 euros en moyenne pour leur facture de chauffage. Surtout, après cette majoration, le prix du gaz aura pris près de 20% en un an. Le 1er avril 2010, il avait bondi de 9,7%. En juillet dernier, il s'était à nouveau apprécié, de 4,7%. Cet hiver, le gouvernement avait décrété une pause.

La hausse des tarifs réglementés du gaz qui s'annonce n'est pas une surprise. Les prix de cette énergie découlent directement des cours du pétrole. Or, le prix du brut s'est installé depuis plusieurs semaines au-dessus de la barre des 100 dollars.

En France, depuis décembre dernier, c'est une formule automatique révisée de calcul qui s'applique. L'équation intègre d'ailleurs à hauteur de 10% les prix «spots» - les prix instantanés de marché - plus avantageux que ceux que font apparaître les contrats d'approvisionnement à long terme. «Autrement dit, la majoration du 1er avril prochain sera moins forte que si l'on avait dû appliquer l'ancienne formule», souligne un spécialiste du dossier.

Outre le prix du gaz, deux autres grands éléments contribuent à la fixation des tarifs: les coûts de transport et de distribution, d'une part, et les frais de commercialisation (gestion des contrats et facturation), d'autre part. Dans le cas du transport, cet élément est revu annuellement, le 1er avril justement.

 

Communication délicate

 

Les termes de l'équation étant largement acquis, le résultat est prévisible avant même que le processus institutionnel de fixation des tarifs soit officiellement enclenché. GDF Suez doit saisir la Commission de régu­lation de l'énergie (CRE) de sa proposition tarifaire au moins trois semaines avant l'échéance dite. En l'occurrence avant le 11 mars prochain. Le régu­lateur, sur ce dossier, délivre un avis contraignant, qui précède la décision finale du gouver­nement.

Pour cette troisième augmentation en un an, la communi­cation s'annonce une fois encore délicate. Les pouvoirs publics et GDF Suez devront d'autant plus faire preuve de pédagogie qu'une révolution est en effet en train de se produire dans le paysage énergétique avec la montée en puissance des gaz non conventionnels. Leur découverte a largement provoqué l'effondrement des cours. Aux États-Unis notamment, le repli a été si sensible que la relance du nucléaire n'est plus considérée comme suffisamment compétitive. «Il convient cependant d'éviter les raccourcis. Le phénomène des gaz de schiste concerne aujourd'hui surtout l'Amérique du Nord et il ne détermine pas la stratégie d'approvisionnement de GDF Suez», indique un expert.

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