Le prix des Rafale discuté avant l'arrivée de Hollande en Inde

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    * Les négociations pour l'achat de 36 Rafale toujours en 
cours 
    * La France veut participer à la mutation écologique de 
l'Inde 
    * Projets franco-indiens dans le solaire et l'urbanisme 
 
    par Elizabeth Pineau et Sanjeev Miglani 
    PARIS/NEW DELHI, 22 janvier (Reuters) - Indiens et Français 
négociaient toujours vendredi le prix de vente à New Delhi de 36 
avions Rafale fabriqués par Dassault Aviation  AVMD.PA , à 48 
heures du début de la deuxième visite d'Etat de François 
Hollande dans une Inde en plein essor.  
    Annoncé l'an dernier à Paris par le Premier ministre 
Narendra Modi, l'achat par l'Inde de ces appareils participe de 
la modernisation de l'armée indienne, dans laquelle le pays 
compte investir quelque 150 milliards de dollars.  
    Le contrat Rafale, estimé à 9,1 milliards de dollars, reste 
toutefois à finaliser.  
    Selon l'ambassadeur de France en Inde, François Richier, 
rien ne dit que tout sera bouclé d'ici la visite du président 
français, qui arrive dimanche en Inde et rencontre lundi 
Narendra Modi à New Delhi. 
    "Des discussions ont lieu, je ne peux pas dire quel en sera 
le résultat", a-t-il déclaré à la presse. "Ce n'est pas 
finalisé. C'est une négociation complexe. Je suis confiant, mais 
confiance ne veut pas dire certitude." 
    Une source au ministère indien des Affaires étrangères a 
déclaré pour sa part que le contrat pour l'achat de 36 avions de 
chasse était à un "stade avancé".  
    Cette semaine à Paris, on disait espérer que la visite de 
François Hollande serait "l'occasion d'avancer sur le chemin de 
la finalisation contractuelle" tout en précisant que le dossier 
du Rafale n'était "pas l'objet" du voyage présidentiel.  
    De source proche du dossier, on précisait en outre ces 
derniers jours que l'Inde négociait l'ajout d'une option à sa 
commande ferme de 36 appareils.   
    François Hollande sera l'invité, mardi, des festivités du 
Jour de la République commémorant la proclamation de la 
République indienne, en 1950. Un honneur réservé l'an dernier au 
président américain, Barack Obama.   
    Cinq ministres, dont ceux des Affaires étrangères et de la 
Défense, et une quarantaine de chefs d'entreprises, dont le PDG 
de Dassault Aviation, Eric Trappier, accompagneront le président 
pour saisir les opportunités d'un pays de 1,3 milliard 
d'habitants dont la croissance annuelle dépasse les 7%. 
     
    NUCLÉAIRE CIVIL  
    Un mois après la conclusion à Paris de l'accord de la COP21, 
pour laquelle l'Inde a oeuvré dans le sens d'une meilleure 
"justice climatique mondiale", l'heure est à la mise en pratique 
des décisions prises contre le réchauffement de la Terre. 
    "C'est maintenant que tout commence avec l'Inde", résume un 
diplomate français, évoquant la mise en oeuvre des projets 
économiques, le transfert de technologies, le financement.  
    Troisième émetteur mondial de CO2, l'Inde s'est engagée dans 
des projets pharaoniques en matière d'urbanisation intelligente, 
d'énergie "verte" et de transports.  
    Le pays dépend du charbon pour les deux tiers de ses besoins 
énergétiques et entend continuer à développer son extraction, 
tout en promettant d'accroître la production d'électricité à 
base d'énergies renouvelables.   
    L'un de ses objectifs est de multiplier par 30 d'ici 2022 sa 
production d'électricité d'origine solaire, ce à quoi les 
entreprises françaises participent déjà.   
    En matière de nucléaire civil, le projet de fourniture de 
six réacteurs EPR construits par Areva  AREVA.PA  à la centrale 
de Jaitapur reste à confirmer. 
    Les négociations sont ralenties par des questions de prix et 
la récente annonce de la prise de contrôle par EDF  EDF.PA  des 
réacteurs nucléaires d'Areva.  
    "EDF va mener les choses, ce qui conduit à un changement 
dans la façon dont les négociations sur le nucléaire vont être 
conduites", a commenté François Richier.  
    Côté urbanisme, la France va participer à la modernisation 
d'au moins trois villes - Chandigarh, construite par 
l'architecte français Le Corbusier, Nagpur et Pondichery - parmi 
la centaine de l'opération "smart cities", des municipalités 
appelées à devenir exemplaires en matière de développement 
durable. Six milliards de dollars sur cinq ans devraient être 
investis dans ce projet. 
 
 (Avec Cyril Altmeyer à Paris et Krista Mahr à New Delhi, édité 
par Yves Clarisse) 
 

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