Le printemps pourri désespère aussi les jardiniers

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Les jardiniers ont perdu entre 20% et 30% de leur chiffre d'affaire entre les mois de mars et de mai par rapport à 2012 et anticipe une baisse de plus de 10% pour 2013. Leurs fournisseurs sont encore plus alarmistes et en appellent aux pouvois publics. » Agriculture, BTP et tourisme, grands perdants de la météo

De la pluie, encore de la pluie, toujours de la pluie. Les Français regardent désespérément le ciel et ne constatent pas de rayon de soleil à l'horizon. Les météorologues ne prévoient aucune amélioration climatique d'ici le mois de juin. De quoi saper leur moral, en cette période économique morose. Mais ils ne sont pas les seuls. Les professionnels des jardins maudissent également ce mauvais temps qui s'est installé sur la France.

Pour la plupart des acteurs des enseignes du jardin, ces mauvais résultats s'expliquent essentiellement par la météo déprimante et ensuite par la conjoncture économique, notamment la baisse du pouvoir d'achat des Français. Conséquence: sur la période allant de mars à avril, qui représente entre 40% et 50% de leur chiffre d'affaires, les professionnels ont vu leurs ventes chuter en moyenne de plus de 25% par rapport à l'année dernière, selon les statistiques de la Fédération nationale des métiers de jardinerie. Pour 2013, les enseignes anticipent une chute d'environ 10% de leur facturation.

Parmi les plus grandes enseignes, Jardiland et Truffaut enregistrent des reculs de 10% à 12% entre mars et mai. «C'est la première fois que le secteur affiche des pertes sur trois mois consécutifs», affirme Daniel Métivet, PDG de Truffaut, dont le chiffre d'affaires s'élève à 500 millions d'euros. Le patron de Jardiland, Michel Conte, parle même de la «plus mauvaise année depuis trente ans». «La féminisation et le rajeunissement de notre clientèle peuvent aussi expliquer ce phénomène, plus impatients face à la détérioration du climat», avance-t-il.

Les écarts importants de température d'une semaine sur l'autre voire d'un jour sur l'autre pénalisent ces entreprises «météo-dépendantes» et dont les produits sont essentiellement saisonniers. «Si les plantes ne sont pas commercialisées, elles sont détruites», explique Christian Auger, président de la Fédération nationale des producteurs d'horticulture et des pépinières. «Par temps de pluie, il est impensable de planter quoi que ce soit. Dès que le soleil reviendra, les Français seront de retour dans les jardineries, même dans un contexte économique difficile, car la jardinerie reste une activité de loisirs», assure Michel Conte, PDG de Jardiland (816 millions d'euros de chiffre d'affaires).

Mais d'autres sociétés comme Gamm Vert ont compris la nécessité de diversifier leurs ressources. Résultat: la société, qui accapare près de 14% du marché, a mieux résisté sur la période mars-mai avec une baisse de ses ventes comprise entre 1% à 2%. «Nos activités contractycliques (produits d'entretien, santé végétale, alimentation animale etc.) nous ont permis de mieux étaler notre chiffre d'affaires sur l'année et de compenser les pertes sur les équipements (tondeuses, barbecues etc.) dont les prix (200 à 300 euros) peuvent rebuter les Français en cette période de crise, explique Jean-Pierre Dassieu, PDG de Gamm Vert. Une jardinerie essentiellement végétale est trop fragile et ne fonctionne que quatre mois par an. Ce genre de période exige une attention particulière sur la rotation des stocks, autrement dit savoir quand il faut lever le pied ou accélérer les commandes». Il n'en reste pas moins que tous s'accordent à dire que le secteur de la jardinerie n'est pas le plus à plaindre. «Le marché est d'une grande stabilité. Nous ne sommes pas alarmistes», ajoute le patron de l'enseigne Gamm Vert.

Une Fête des Mères gâchée

Les producteurs d'horticulture, encore plus «météo-dépendants», eux le sont. La Fédération réclame un allègement des charges sociales et une prise en charge par l'État des cotisations. «En mars et en avril, les chiffres d'affaires du secteur ont chuté en moyenne de 35% par rapport à mars et avril 2012», affirme Christian Auger. En dépit des nombreux ponts, les producteurs d'horticulture misaient beaucoup sur mai, qui couplés avec mars et avril, représente d'ordinaire 30% à 60% de leur chiffre d'affaires annuel. «Le mois de mai est compromis, poursuit-il. Nous craignons des baisses de chiffre d'affaires encore plus importantes qu'en mars et en avril». Les ventes pour l'année 2013 devraient diminuer de 15% en moyenne. «Je n'avais jamais connu de telles chutes provoquées par la pluie, déclare Christian Auger. Les rayons sont désertés et les plantes défleuries».

La journée de la Fête des mères, à cause du mauvais temps, a également été gâchée. «D'ordinaire, la Fête des mères constitue notre premier événement commercial sur les fleurs et les plantes. Notre chiffre d'affaires augmente de 20% par rapport à un week-end normal», conclut Daniel Métivet. Celui de Jardiland réalisé durant le week-end de la Fête des mères représente 15% à 25% du chiffre d'affaires d'un mois de mai (ou de juin, en fonction du jour de cette fête).

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  • heimdal le dimanche 2 juin 2013 à 09:42

    Le contribuable doit financer la mauvaise météo !!! Les co ns ça ose tout ... Au fait ça existe les assurances .

  • nandfer le samedi 1 juin 2013 à 18:34

    et la rose va ètre chere , la plupart des rosiers ayant été gelés . qu'est-ce que ayrault va mettre à la boutonnière ?? des lilas bleus??

  • nandfer le samedi 1 juin 2013 à 18:29

    pourtant Hollande avait promis du bon temps... c'est tout raté quoi..