Le prêt à taux zéro donne un coup de pouce, mais pas partout

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Le PTZ + redonne du pouvoir d'achat aux acquéreurs dans les villes les moins chères d'Ile-de-France.

Paris n'est décidément pas à la portée de tous les budgets. Pas plus que Neuilly ou Versailles et le nouveau PTZ +, le prêt à taux zéro rénové depuis le début de l'année n'y change rien. Une étude réalisée par l'université Dauphine pour le Crédit foncier montre que, dans ces trois villes, la situation de ceux qui achètent pour la première fois, les primo-accédants, ne s'est pas améliorée avec le nouveau prêt mis en place.

L'étude cherche à comparer le pourcentage de Franciliens pouvant acheter avec le prêt à taux zéro avant et après sa refonte. L'évolution des prix n'est pas prise en compte, l'idée est de calculer si on peut, grâce au coup de pouce de l'État, plus facilement devenir acquéreur d'un bien correspondant à ses besoins (un studio pour un célibataire, un deux-pièces pour un couple sans enfant...) qu'il y a quelques mois. Globalement, la réponse est positive, selon le Crédit foncier. Paris, Neuilly et Versailles sont des cas à part. «Dans les villes les moins chères d'Ile-de-France, les acquéreurs ont été resolvabilisés par le PTZ +», résume Gérard Rul, directeur des études de Crédit foncier immobilier. C'est par exemple dans des communes comme Argenteuil, Bobigny, Saint-Denis et Cergy que les gains paraissent les plus grands (voir graphique). Cela sera-t-il suffisant pour resolvabiliser durablement les ménages ? Tout dépendra de la hausse des taux des crédits immobiliers, le PTZ + ne représentant qu'une partie du financement d'un achat immobilier.

La durée des prêts s'allonge

Les taux se sont tendus depuis le début de l'année, ils ont augmenté d'environ 0,3 point. Et ce n'est probablement pas fini. Sauf choc économique majeur en provenance du Japon, le Crédit foncier table sur une nouvelle hausse de l'ordre d'au moins un demi-point des taux d'ici à la fin de l'année . «Dans cette hypothèse, le PTZ + ne suffirait plus à resolvabiliser les acquéreurs», indique Gérard Rul. Conséquence du renchérissement du crédit déjà intervenu, les durées des prêts, qui avaient diminué l'an dernier, s'allongent. «On retrouve des durées de 17 à 18 ans en moyenne comme il y a sept ou huit ans », note le Crédit foncier. Dans ce contexte, les spécialistes de l'établissement estiment que les prix des logements devraient se stabiliser cette année dans les zones tendues (après avoir légèrement augmenté depuis le début de l'année). Le groupe table en revanche sur un recul des prix en 2011 sur les marchés les moins porteurs où la demande fait défaut. «Dans ces zones, les prix pourraient baisser d'environ 5 % en moyenne au second semestre», ajoute Gérard Ruhl.

L'an dernier déjà, les prix avaient fait le grand écart selon les villes. Tous les professionnels estiment que l'année 2011 sera une nouvelle fois à plusieurs vitesses. Et, selon le Crédit foncier, les transactions dans l'ancien pourraient fléchir un peu pour s'établir aux alentours de 670 à 680 000 cette année (à comparer à 702 000 environ en 2010).

Sur le marché du logement neuf, l'établissement s'attend à une bonne année avec un volume de ventes stable, la demande des investisseurs étant toujours présente. Ces derniers devraient représenter une part un peu moins élevée des acheteurs cette année, mais encore plus d'un acheteur sur deux. Après une année 2010 échevelée, 2011 s'annonce plus calme.

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