Le président turc Recep Tayyip Erdogan hausse le ton sur la Syrie

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 (Actualisé avec précisions, citations) 
    ANKARA, 11 février (Reuters) - Recep Tayyip Erdogan a 
prévenu jeudi que la patience d'Ankara à propos du conflit 
syrien avait des limites et a appelé les Nations unies à agir 
pour prévenir ce qu'il a qualifié de "nettoyage ethnique" chez 
son voisin. 
    Le président turc a aussi accusé l'Onu de faire preuve 
d'hypocrisie en demandant à la Turquie d'accueillir les réfugiés 
sur son territoire alors qu'elle ne fait rien, selon lui, pour 
arrêter les violences qui les font fuir de Syrie. 
    Recep Tayyip Erdogan, qui s'exprimait lors d'une conférence 
économique, a indiqué que son pays devait se préparer à 
l'arrivée d'une nouvelle vague de 600.000 civils syriens si 
l'offensive des forces gouvernementales syriennes et de leurs 
alliés, appuyée par les bombardements aériens russes, devait se 
poursuivre dans la province d'Alep. 
    "Nous serons patients jusqu'à un certain point mais ensuite 
nous devrons agir. Nos autocars et nos avions n'attendront pas 
en vain", a déclaré Recep Tayyip Erdogan. 
    Le président turc a dit avoir reçu des informations 
alarmantes sur des "massacres impitoyables" auxquels se 
livreraient les forces syriennes soutenues par l'Iran qui 
combattent aux côtés des forces de Bachar al Assad. 
    Lors de son discours retransmis à la télévision d'Etat, 
Recep Tayyip Erdogan a une nouvelle fois réclamé la mise en 
place d'une zone d'exclusion aérienne dans le nord de la Syrie 
pour permettre aux civils d'y vivre en sécurité. 
    "Nous devons trouver des moyens pour que les Syriens restent 
dans leur pays", a-t-il insisté.  
     
    ERDOGAN CONFIRME AVOIR MENACÉ L'UE 
    La Turquie, qui accueille déjà plus de 2,6 millions de 
réfugiés syriens, demande depuis longtemps la création d'une 
zone de sécurité dans le nord de la Syrie qui aurait pour but de 
protéger les civils déplacés tout en les laissant du côté syrien 
de la frontière. 
    Les Etats-Unis et l'Otan font la sourde oreille face à cette 
proposition. Ils estiment qu'une telle zone nécessiterait la 
création d'une zone d'exclusion aérienne sous contrôle 
international, ce qui serait susceptible de les mettre 
directement en conflit avec Assad et ses alliés. 
    Recep Tayyip Erdogan a demandé à l'Onu d'agir davantage pour 
empêcher le "nettoyage ethnique" qui serait à l'oeuvre dans 
cette région, où vit notamment une minorité turkmène proche 
d'Ankara. Son Premier ministre Ahmet Davutoglu a employé le même 
terme mercredi.   
    Le président turc a également confirmé avoir dit au 
président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et au 
président du Conseil européen Donald Tusk que le temps allait 
arriver où la Turquie ouvrirait ses frontières et enverrait ses 
migrants vers l'Europe. 
    "Par le passé, nous avons arrêté les gens aux portes de 
l'Europe, à Erdine, nous avons arrêté leurs cars. Cela peut se 
produire une fois ou deux et ensuite nous ouvrirons les portes 
et leurs souhaiterons bon voyage, c'est ce que j'ai dit", a 
déclaré Recep Tayyip Erdogan. 
    La Turquie a conclu en novembre dernier un accord avec 
l'Union européenne pour réduire le flux des réfugiés qui partent 
vers l'Europe.   
 
 (Daren Butler, Ece Toksabay et Asli Kandemir; Tangi Salaün et 
Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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  • aerosp il y a 10 mois

    Qu'attendent les russes pour aller le corriger

  • charleco il y a 10 mois

    L'incendiaire entouré par le feu...