Le président sud-soudanais limoge six ministres alliés de Machar

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 (Ajoute réaction des Etats-Unis §6-8) 
    JUBA, 3 août (Reuters) - Le président sud-soudanais Salva 
Kiir a limogé six ministres alliés de son rival Riek Machar, 
risquant d'enflammer davantage encore le conflit qui déchire le 
plus jeune pays africain. 
    Salva Kiir a remplacé les ministres écartés, dont ceux de 
l'Intérieur et du Pétrole, par des membres d'une faction 
dissidente du parti de son ancien vice-président, entré en 
rébellion après avoir été écarté du pouvoir en 2013. 
    Après deux ans de combats qui ont fait plus de 10.000 morts 
et deux millions de déplacés, les deux camps ont accepté l'an 
dernier de signer un accord de paix et de former un gouvernement 
d'union. 
    Mais le cessez-le-feu a été rompu à plusieurs reprises et 
Riek Machar a quitté la capitale, Juba, le mois dernier en 
réclamant le déploiement d'une force d'interposition 
internationale. 
    Selon les Nations unies, plus de 60.000 personnes ont fui la 
reprise des affrontements entre les partisans des deux camps ces 
trois dernières semaines. 
    A Washington, le porte-parole du département d'Etat 
américain Mark Toner a fait part de sa consternation face à la 
situation en accusant les deux parties.  
    "Les Etats-Unis sont profondément déçus par les responsables 
du Soudan du Sud qui, malgré l'opportunité de l'indépendance (en 
2011) puis une deuxième chance survenue avec l'accord de paix 
d'août 2015, n'ont toujours pas réussi à mettre de côté leurs 
luttes de pouvoir personnelles pour le bien de leur peuple", 
a-t-il dit lors de son point de presse quotidien.  
    Il a ajouté que Washington faisait pression sur les deux 
camps pour mettre fin aux violences.  
    La mise à l'écart des six ministres a été annoncée tard 
mardi soir dans un communiqué lu à la télévision d'Etat et leurs 
remplaçants ont été désignés sur recommandation du 
vice-président Taban Deng Gai, qui a dit le mois dernier avoir 
pris le contrôle du SPLM-IO (Mouvement de libération des peuples 
du Soudan, dans l'opposition), le parti de Riek Machar. 
    "Nous ne sommes pas surpris", a déclaré Nyarji Jermlili, un 
porte-parole de l'ancien vice-président. 
    "Nous marcherons sur Juba pour mettre fin à cette mascarade 
si les forces internationales ne sont pas déployées", a-t-il 
affirmé. 
 
 (Denis Dumo; Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
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