Le président sri-lankais concède la défaite

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(Ajoute réactions à l'étranger, décompte, bien lire Mithripala) COLOMBO, 9 janvier (Reuters) - Le président sri-lankais Mahinda Rajapaksa, qui briguait un troisième mandat consécutif, a reconnu sa défaite à l'élection présidentielle de jeudi, remportée par le candidat de l'opposition Mithripala Sirinesa. Selon des résultats préliminaires portant sur 7,6 millions de bulletins dépouillés, Mithripala Sirinesa, un ancien ministre récemment passé à l'opposition, recueillait 52,05% des voix contre 46,7% à Mahinda Rajapaksa. Le Sri Lanka compte 21 millions d'habitants et 15 millions de votants environ. "Le président a concédé la défaite pendant une réunion avec le chef de l'opposition Ranil Wickremesinghe et le nouveau président prêtera serment ce soir", a déclaré un responsable du cabinet présidentiel. La cérémonie aura lieu sur la place de l'Indépendance à Colombo à 18h00 (12h30 GMT). Les proches de Mithripala Sirisena assurent qu'il rééquilibrera la politique étrangère du Sri Lanka, qui a basculé nettement vers la Chine sous la présidence de Rajapaksa, lequel s'est brouillé avec les Occidentaux à propos de violations des droits de l'homme et d'accusations de crimes de guerre relatifs à l'écrasement de l'insurrection tamoule en 2009. En 2010, Mahinda Rajapaksa avait été largement élu après avoir écrasé la rébellion séparatiste tamoule (hindouiste) du nord du pays et il avait lui-même choisi l'an dernier de convoquer ce scrutin anticipé face à une opposition divisée. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a salué la victoire de Sirisena, se disant "impatient de travailler avec le président élu" pour un Sri Lanka "pacifique, ouvert, démocratique et prospère". Le Premier ministre indien Narendra Modi a appelé le candidat victorieux de l'opposition pour le féliciter. Rajapaksa a largement ignoré New Delhi ces dernières années mais Sirisena a promis "de revenir à une traditionnelle politique de non-aligné". Les résultats préliminaires montrent que le président sortant, critiqué à l'étranger pour son bilan en matière de droits de l'homme et au Sri Lanka pour son autoritarisme et son népotisme, reste populaire au sein de la majorité bouddhiste cingalaise (70% de la population). Mais Mithripala Sirinesa, passé à l'opposition en novembre en promettant de lutter contre la corruption et de réformer la constitution pour limiter les pouvoir présidentiels, a bénéficié d'un soutien massif au sein des minorités tamoule et musulmane. Selon des responsables de la commission électorale, le taux de participation au scrutin de jeudi s'est élevé à 65-80%. (Shihar Aneez, John Chalmers; Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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