Le président rwandais s'en prend à la justice française

le
0
    KIGALI, 10 octobre (Reuters) - Le président rwandais Paul 
Kagamé a fustigé lundi la réouverture par la justice française 
d'une enquête sur l'assassinat en 1994 du président Habyarimana 
Juvenal, point de départ du génocide rwandais. 
    "Le système judiciaire du Rwanda n'est pas aux ordres de la 
France ni des intérêts de la France", a déclaré Paul Kagamé, qui 
dirigeait à l'époque la rébellion tutsie, devant un parterre de 
magistrats, de militaires et de responsables du gouvernement. 
    "C'est la France qui devrait être jugée, pas qui que ce soit 
au Rwanda et pas les Rwandais", a-t-il insisté. 
    L'ancien chef d'état-major de l'armée rwandaise, Faustin 
Kayumba Nyamwasa, qui vit aujourd'hui en exil en Afrique du Sud, 
a accusé à plusieurs reprises Paul Kagamé d'avoir donné l'ordre 
d'abattre l'avion qui transportait le président rwandais, son 
homologue burundais et un équipage français. 
    Paul Kagamé nie toute responsabilité et affirme que ce sont 
les propres partisans hutus de Habyarimana Juvenal qui l'ont 
assassiné parce qu'ils désapprouvaient l'accord de paix qu'il 
venait de conclure avec les rebelles tutsis du Front patriotique 
rwandais. 
    L'enquête française a été ouverte en 1998 à la suite d'une 
plainte déposée par les familles des victimes françaises. Elle a 
depuis été refermée à deux reprises faute d'avancée, la dernière 
fois en janvier, mais la justice l'a relancée après que Faustin 
Kayumba Nyamwasa s'est dit prêt à témoigner. 
    Les juges français ont lancé une nouvelle commission 
rogatoire internationale pour entendre le général Kayumba 
Nyamwasa, a-t-on appris de source judiciaire. 
     
 
 (Clement Uwiringiyimana, avec Chine Labbé à Paris; Tangi Salaün 
pour le service français) 
 )
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant