Le président polonais met son veto à la réforme contestée de la justice

le , mis à jour à 10:57
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LE PRÉSIDENT POLONAIS MET SON VETO À LA RÉFORME DE LA JUSTICE
LE PRÉSIDENT POLONAIS MET SON VETO À LA RÉFORME DE LA JUSTICE

VARSOVIE (Reuters) - Le président polonais Andrzej Duda a annoncé lundi matin qu'il allait opposer son droit de veto à deux des trois projets de loi contestés réformant le système judiciaire.

La réforme a été critiquée par l'Union européenne et l'opposition polonaise a manifesté en masse pour réclamer un veto présidentiel contre une initiative qualifiée d'atteinte à l'équilibre des pouvoirs.

Un des deux textes rejetés par le président Duda prévoyait notamment de mettre à la retraite d'office les juges de la Cour suprême à l'exception de ceux nommés par le gouvernement. L'autre texte visé par le veto présidentiel réformait le Conseil national de la justice.

"J'ai décidé que je renverrai devant le Sejm (la chambre basse du parlement), ce qui signifie que j'opposerai mon veto au texte sur la Cour suprême ainsi qu'à celui sur le Conseil national de la justice", a déclaré Duda.

Sa décision, inattendue, le met en opposition frontale avec Jaroslaw Kaczynski, chef de file du parti Droit et justice (PiS), le parti de la droite conservatrice majoritaire au Parlement. Kaczynski, qui n'occupe aucune fonction officielle, est considérée comme le véritable maître de la vie politique polonaise.

"Ce que nous avions n'était pas une réforme, mais une appropriation des tribunaux. Je félicite tous les Polonais, c'est réellement un grand succès", s'est réjouie Katarzyna Lubnauer, du parti d'opposition Nowoczesna.

Sur les marchés des changes, le zloty polonais a progressé face à l'euro, les investisseurs estimant que le veto présidentiel allait réduire le risque politique.

Le projet défendu par Droit et Justice avait suscité l'indignation des magistrats, des mouvements de défense des droits de l'homme et de l'opposition et donné lieu à de vastes manifestations, qui se sont poursuivies samedi soir dans plusieurs dizaines de villes, dont Varsovie, Cracovie, dans le Sud, ou encore Poznan, dans l'Ouest.

La Commission européenne a menacé mercredi la Pologne de sanctions et lui avait donné une semaine pour renoncer à la réforme de la Cour suprême, qui se prononce notamment sur la validité des élections.

Les Etats-Unis avaient pour leur part demandé vendredi à Varsovie "de respecter les principes d'indépendance de la justice et de séparation des pouvoirs".

Selon un sondage réalisé pour la chaîne privée TVN, 55% des Polonais estimaient que le président Duda ne devait pas promulguer la réforme de la Cour suprême contre 29% d'un avis contraire.

(Marcin Goclowski; Jean-Philippe Lefief, Gilles Trequesser et Henri-Pierre André pour le service français)

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  • jeepinv il y a 5 mois

    Pour une fois, une bonne nouvelle de Pologne.