Le président philippin Duterte s'en prend avec virulence à l'Onu

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    MANILLE, 21 août (Reuters) - Le président des Philippines 
Rodrigo Duterte a fustigé dimanche les Nations unies pour 
l'avoir appelé à mettre fin à une vague d'exécutions sommaires 
de trafiquants de drogue dans son pays et a menacé de se retirer 
de l'organisation en proposant à d'autres pays comme la Chine 
d'en former une concurrente. 
    Deux experts des droits de l'homme de l'Onu ont demandé la 
semaine dernière à Manille de juguler les violences liées à la 
lutte contre le trafic de drogue, que Rodrigo Duterte a promis 
d'éradiquer pendant la campagne électorale. 
    Depuis son élection le 9 mai, quelque 900 trafiquants 
présumés ont été sommairement exécutés ou assassinés aux 
Philippines. 
    Rodrigo Duterte a nié toute responsabilité de la police ou 
du gouvernement dans cette flambée de violence et s'en est pris 
pendant une conférence de presse dans sa ville natale de Davao 
aux experts onusiens, qu'il a qualifiés de "stupides". 
    Il a ensuite critiqué l'organisation dans son ensemble en la 
jugeant plus prompte à "s'inquiéter de l'empilement des os de 
criminels" qu'à accomplir sa mission. 
    "Je ne veux pas vous insulter, mais peut-être que nous 
devrons décider de quitter les Nations unies", a-t-il dit. 
    Le président philippin a notamment dénoncé l'inefficacité de 
l'Onu dans la lutte contre le terrorisme et la faim dans le 
monde et son impuissance à mettre fin aux conflits en Irak et en 
Syrie et à empêcher les grandes puissances de bombarder des 
villages et de tuer des civils innocents. 
    "Vous savez, Nations unies, si vous pouvez dire des choses 
négatives à mon égard, je peux en dire 10 (à votre sujet). Vous 
êtes inutiles. Parce que si vous étiez vraiment fidèles à votre 
mandat, vous auriez mis fin à ces guerres et ces massacres", 
a-t-il insisté. 
    Rodrigo Duterte a ajouté qu'il pourrait proposer à la Chine 
et aux pays africains, souvent critiques eux aussi envers l'Onu, 
de former une organisation concurrente. 
    Interrogé sur les conséquences que pourraient avoir ses 
critiques virulentes, il a conclu: "Je n'en ai rien à faire. 
(...) On ne peut pas balancer comme ça un rapport de merde 
contre un pays." 
       
 
 (Karen Lema et Manuel Mogato; Tangi Salaün pour le service 
français) 
 )
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  • aerosp il y a 4 mois

    et s'il avait raison ?