Le président philippin Duterte entend s'affranchir des Etats-Unis

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    MANILLE, 31 mai (Reuters) - Le président philippin élu, 
Rodrigo Duterte, a déclaré mardi que son pays n'entendait pas 
rester dépendant des Etats-Unis pour sa sécurité à long terme, 
marquant ses distances avec Washington dans le dossier des 
revendications maritimes sur la mer de Chine méridionale. 
    Les Philippines sont traditionnellement l'un des pays les 
plus proches des Etats-Unis dans le face-à-face avec Pékin sur 
la mer de Chine méridionale, voie maritime capitale où les 
Chinois ont "poldérisé" des îles de l'archipel des Spratleys,  
construisant des aérodromes et autres installations militaires 
sur des récifs remblayés et agrandis. 
    Elu le 9 mai à la présidence, Rodrigo Duterte milite pour 
des discussions multilatérales sur les contentieux maritimes, 
qui engloberaient les Etats-Unis, le Japon, l'Australie et les 
différents pays revendiquant des zones de la mer de Chine 
méridionale. 
    Prié par les journalistes de dire s'il était partisan de 
discussions bilatérales avec la Chine, il a répondu en ces 
termes: "Nous avons un pacte avec l'Occident, mais je tiens à ce 
que chacun sache que nous suivrons notre propre voie". 
    "Celle-ci (la voie) ne sera pas dépendante des Etats-Unis. 
C'est une ligne qui ne vise pas à plaire à quelqu'un mais qui 
sert les intérêts des Philippines", a-t-il expliqué. 
    Les Philippines, le sultanat de Bruneï, la Malaisie, le 
Vietnam et Taiwan ont tous des revendications en mer de Chine 
méridionale, dont Pékin prétend qu'elle est sienne. 
    Perfecto Yasay, que Rodrigo Duterte a choisi pour diriger la 
diplomatie philippine, joue la conciliation: "Je ne pense pas 
qu'il y ait une autre façon de résoudre ce contentieux que de se 
parler", a-t-il dit cette semaine à la presse. "Nous voulons 
bien sûr nous assurer de pouvoir reprendre des discussions 
bilatérales, car elles sont nécessaires", a-t-il ajouté. 
    Avant l'élection de Rodrigo Duterte, les Philippines ont 
porté le contentieux maritime devant la Cour permanente 
d'arbitrage de La Haye, qui doit rendre un avis dans les 
semaines à venir. 
 
 (Neil Jerome Morales; Eric Faye pour le service français) 
 
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