Le président nigérian limoge les chefs de l'armée

le , mis à jour à 18:41
0

(Précisions) ABUJA, 13 juillet (Reuters) - Le président nigérian Muhammadu Buhari, qui a fait de la lutte contre le groupe islamiste Boko Haram sa priorité, a procédé lundi à un vaste remaniement des structures militaires du pays en limogeant notamment les chefs de l'armée de terre, de la marine et de l'armée de l'air. Muhammadu Buhari, lui-même ancien général, a nommé leurs successeurs dans l'après-midi et a également pourvu le poste de conseiller national à la sécurité. Le nouveau chef d'état-major est le général Abayomi Gabriel Olonishakin; celui de l'armée de terre le général T.Y. Buratai; celui de la marine le contre-amiral Ibok-Ete Ekwe Ibas et celui de l'aviation le vice-maréchal de l'air Sadique Abubakar, a précisé un porte-parole de la présidence. Le vice-maréchal de l'air Monday Riku Morgan est nommé chef des services de renseignement militaires et le général Babagana Monguno conseiller national à la sécurité. Le Nigeria est confronté depuis six ans dans le nord du pays à l'insurrection de Boko Haram qui a fait des milliers de morts et un million et demi de personnes déplacées. Elu en mars et entré en fonction fin mai, le président Buhari a promis de tout faire pour éradiquer la menace djihadiste. Son prédécesseur, Goodluck Jonathan, avait essuyé des critiques répétées de ses détracteurs, qui lui reprochaient un manque d'efficacité dans la lutte contre le groupe islamiste. Depuis son arrivée au pouvoir, Muhammadu Buhari a transféré le quartier général de l'armée nigériane de la capitale Abuja à Maiduguri, chef-lieu de l'Etat de Borno et berceau de l'insurrection. Le Nigeria a obtenu en juin le commandement militaire d'une force des pays de la région -- Tchad, Niger, Cameroun et Nigeria -- chargée de lutter contre Boko Haram et dont le quartier général sera à N'Djamena, la capitale tchadienne. Les insurgés avaient conquis l'année dernière de vastes territoires avant de refluer au début de l'année 2015, sous les assauts conjugués de l'armée, de mercenaires étrangers et de troupes fournies par les pays voisins. En juin, l'armée nigériane a été accusée par Amnesty international de bafouer les droits de l'homme. Selon l'organisation internationale, qui a demandé l'ouverture d'une enquête contre les principaux responsables militaires, l'armée est à l'origine de la mort de 8.000 détenus. (Felix Onuah, Guy Kerivel et Simon Carraud pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant