Le président Nicolas Sarkozy, lors d'une intervention télévisée, le 27 octobre 2011

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L'intervention télévisée dimanche soir de Nicolas Sarkozy va revêtir à la fois un enjeu économique, avec à la clef une série de "mesures fortes" dont l'annonce attendue d'une hausse de 1,6 point de TVA, mais aussi politique, à moins de trois mois d'un scrutin où il est donné largement battu.M. Sarkozy, qui fêtait ses 57 ans samedi, s'exprimera dimanche de 20H10 à 21H15 sur six chaînes - TF1, France 2, BFM TV, I-Télé, LCI et La Chaîne parlementaire - devant quatre journalistes, Claire Chazal, Laurent Delahousse, François Lenglet et Jean-Marc Sylvestre.A l'origine, cette émission avait été conçue pour permettre à M. Sarkozy de dévoiler des "mesures fortes et structurelles", selon les termes de François Fillon, dans la foulée du sommet du 18 janvier avec les partenaires sociaux.Avec plus de 2,8 millions de demandeurs d'emploi, un niveau inégalé depuis 12 ans, et une croissance atone, le chef de l'Etat veut montrer qu'il gouverne jusqu'au bout et afficher son volontarisme, une de ses marques de fabrique.Principale mesure attendue: M. Sarkozy annoncera une hausse de 1,6 point de TVA, en même temps qu'une légère augmentation de la CSG sur les revenus du patrimoine et de placements, a-t-on appris samedi de sources gouvernementales.La TVA dite "sociale" doit permettre de réorienter vers les importations une partie du financement de la protection sociale, qui pèse jusqu'ici uniquement sur les cotisations salariales et patronales.Autre réforme envisagée: la flexibilité du travail, grâce à des "accords de compétitivité" par entreprise ou par branche.Le président devra toutefois se montrer très pédagogue pour faire accepter aux Français des mesures impopulaires jusque dans la majorité, qui consistent à relever un impôt indirect, alors que le pouvoir d'achat est déjà en berne, et à vider complètement de leur substance les 35 heures.Une "mesure forte" sur le logement devrait aussi être annoncée, selon une source proche du dossier. Les sanctions devraient en outre être "durcies" pour les entreprises de plus de 250 salariés qui n'emploient pas suffisamment d'apprentis."Sous pression mais en forme""La seule manière de rebondir pour Nicolas Sarkozy, c'est de faire des choses lourdes, importantes et utiles en termes de réformes économico-sociales jusqu'à la dernière minute", résume samedi dans Libération Alain Minc, un "visiteur du soir" de l'Elysée. Mais, deux semaines après la perte du triple A, cet exercice de pédagogie délicat pour celui qui se présentait en 2007 comme "le président du pouvoir d'achat" doit aussi donner au président sortant l'occasion de reprendre la main, à l'issue d'une semaine réussie pour François Hollande, toujours largement en tête dans les sondages.M. Sarkozy, qui a évoqué le week-end dernier son éventuelle défaite, annoncera-t-il sa candidature' "Vous verrez bien", a botté en touche son conseiller spécial, Henri Guaino.Si 38% des Français souhaitent qu'il "avance son calendrier", contre 31% qui pensent le contraire, selon un sondage TNS Sofres pour I-Télé, une source de l'UMP confie néanmoins que sa candidature n'interviendra pas "avant mars". "Cette séquence n'a de sens que s'il est président", confie l'entourage de M. Sarkozy. De même source, le chef de l'Etat, attendu lundi à un sommet européen à Bruxelles, est "sous pression mais est en forme".Sa candidature ne fait toutefois guère de doute, comme la CDU d'Angela Merkel l'a prouvé samedi en indiquant que la chancelière "se réjouit de rencontres communes prévues lors de la campagne au printemps"."L'UMP et la France sont entre de bonnes mains avec Nicolas Sarkozy", a ajouté le secrétaire général du parti de Mme Merkel, Hermann Gröhe, devant le Conseil national de l'UMP.

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