Le président Museveni remet son mandat en jeu en Ouganda

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    par Edith Honan et Elias Biryabarema 
    KAMPALA, 18 février (Reuters) - Le président Yoweri 
Museveni, au pouvoir depuis trente ans, remet son mandat en jeu 
à l'occasion d'une élection présidentielle sous tension jeudi en 
Ouganda.  
    Le camp présidentiel et l'opposition s'accusent mutuellement 
de constituer des groupes d'autodéfense et les principaux rivaux 
du chef de l'Etat prédisent des fraudes dans les urnes. 
    Face à Yoweri Museveni, qui est âgé de 71 ans, se détachent 
deux candidats, Kizza Besigye, un opposant historique déjà battu 
lors de trois élections, et l'ancien Premier ministre Amama 
Mbabazi, qui jusqu'à récemment était encore un proche allié du 
président.  
    Les bureaux de vote seront ouverts entre 07h00 et 16h00 
(13h00 GMT).  
    A la veille du vote, Kizza Besigye a accusé Yoweri Museveni 
de ne pas vouloir d'un scrutin pacifique et il a averti que ses 
partisans pourraient descendre dans la rue pour contester le 
résultat du vote. Le chef de l'Etat a de son côté mis en garde 
l'opposition contre une réponse sévère des forces de sécurité en 
cas de violences.  
    Apprécié de ses alliés occidentaux pour son rôle sur la 
scène africaine, Yoweri Museveni est salué par une partie de la 
population pour avoir apporté au pays plusieurs décennies de 
paix relative et de stabilité économique.  
    Mais le chef de l'Etat est dans une position moins 
confortable que lors des précédents scrutins en raison notamment 
de la jeunesse, qui représente un poids électoral important.  
    Les grands stars de la musique ougandaise ont été invitées 
dans les meetings présidentiels tandis que Besigye et Mbabazi 
ont axé leur campagne sur la nécessité de créer des emplois et 
de lutter contre la corruption, des thèmes porteurs auprès des 
jeunes électeurs.  
    Beaucoup d'entre eux, rencontrés au hasard des rues de 
Kampala, la capitale ougandaise, affichent leur préférence pour 
Kazzi Besigye, comme Joel Nyonyintono, un entrepreneur de 26 
ans, honteux de l'état des routes ou des hôpitaux de son pays. 
"Nous sommes tellement en retard. Il faut ouvrir les yeux", 
dit-il.  
    D'autres électeurs appréhendent l'idée d'un "changement". 
Nanteza Beatrice, une marchande de fruits âgée de 56 ans, se 
déclare convaincue que l'Ouganda n'est pas prêt pour 
l'après-Museveni. "Nous avons la paix depuis si longtemps que 
les jeunes prennent cela comme acquis, parce qu'ils ne 
connaissent pas ce qu'il y avait avant lui." 
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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