Le président Museveni remet son mandat en jeu en Ouganda

le , mis à jour à 13:12
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    * Le président est au pouvoir depuis 1986 
    * Certains bureaux de vote ont ouvert en retard 
    * Deux candidats de l'opposition craignent un scrutin truqué 
 
 (Actualisé avec ouverture en retard des bureaux de vote, 
précisions) 
    par Edith Honan et Elias Biryabarema 
    KAMPALA, 18 février (Reuters) - Le président ougandais 
Yoweri Museveni, au pouvoir depuis trente ans, remet jeudi son 
mandat en jeu à l'occasion d'une élection présidentielle sous 
tension.  
    Le camp présidentiel et l'opposition s'accusent mutuellement 
de constituer des groupes d'autodéfense et les principaux rivaux 
du chef de l'Etat prédisent des fraudes dans les urnes. 
    Face à Yoweri Museveni, qui est âgé de 71 ans, se détachent 
deux candidats, Kizza Besigye, un opposant historique déjà battu 
lors de trois élections, et l'ancien Premier ministre Amama 
Mbabazi, qui jusqu'à récemment était encore un proche allié du 
président.  
    "Une journée comme celle-ci est discréditée par l'absence 
d'élections libres et honnêtes", a déclaré Kizza Besigye, qui 
est âgé de 59 ans, en déposant son bulletin dans l'urne à 
Ruhungi, un village de l'ouest de l'Ouganda.  
    Selon Martin Mwondha, coordinateur national du réseau 
d'observateurs de cette élection, les opérations de vote se 
déroulent pour l'instant dans de bonnes conditions, mais il dit 
avoir été prévenu de l'ouverture avec plusieurs heures de retard 
de nombreux bureaux de vote dans la Kampala, la capitale, et 
dans la commune voisine de Jinja. L'heure officielle d'ouverture 
était prévue à 07h00 (04h00 GMT).  
    Les bureaux doivent fermer à 16h00 (13h00 GMT).  
    A la veille du vote, Besigye a accusé Museveni de ne pas 
vouloir d'un scrutin pacifique et il a averti que ses partisans 
pourraient descendre dans la rue pour contester le résultat du 
vote. Le chef de l'Etat a de son côté prévenu l'opposition d'une 
réponse sévère des forces de sécurité en cas de violences.  
     
    ALLIÉ DES ETATS-UNIS 
    Apprécié de ses alliés occidentaux pour son rôle sur la 
scène africaine, Museveni, arrivé au pouvoir en 1986 à l'issue 
d'une guérilla de cinq ans, est salué par une partie de la 
population pour avoir apporté au pays plusieurs décennies de 
paix relative et de stabilité économique.  
    Grand allié des Etats-Unis, l'Ouganda est en pointe dans la 
mission de maintien de la paix de l'Union africaine contre les 
islamistes en Somalie. 
    Mais le chef de l'Etat est dans une position moins 
confortable que lors des précédents scrutins en raison notamment 
de la jeunesse, qui représente un poids électoral important.  
    Les grands stars de la musique ougandaise ont été invitées 
dans les meetings présidentiels tandis que Besigye et Mbabazi 
ont axé leur campagne sur la nécessité de créer des emplois et 
de lutter contre la corruption, des thèmes porteurs auprès des 
jeunes électeurs.  
    Beaucoup d'entre eux, rencontrés au hasard des rues de 
Kampala, affichent leur préférence pour Kizza Besigye, comme 
Joel Nyonyintono, un entrepreneur de 26 ans, honteux de l'état 
des routes ou des hôpitaux de son pays. "Nous sommes tellement 
en retard. Il faut ouvrir les yeux", dit-il.  
    D'autres électeurs appréhendent l'idée d'un "changement". 
Nanteza Beatrice, une marchande de fruits âgée de 56 ans, se 
déclare convaincue que l'Ouganda n'est pas prêt pour 
l'après-Museveni. "Nous avons la paix depuis si longtemps que 
les jeunes prennent cela comme acquis, parce qu'ils ne 
connaissent pas ce qu'il y avait avant lui." 
 
 (Jean-Stéphane Brosse et Danielle Rouquié pour le service 
français) 
 
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