Le président italien Giorgio Napolitano réélu

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GIORGIO NAPOLITANO RÉÉLU PRÉSIDENT EN ITALIE
GIORGIO NAPOLITANO RÉÉLU PRÉSIDENT EN ITALIE

par Naomi O'Leary et Gavin Jones

ROME (Reuters) - Le président sortant Giorgio Napolitano, 87 ans, a été aisément réélu samedi à la tête de l'Italie pour un deuxième mandat afin de tenter de sortir le pays de l'impasse politique dans laquelle il est plongé depuis les élections parlementaires indécises de février.

Lors de sa première déclaration depuis sa réélection, le chef de l'Etat a dit que toutes les parties devraient assumer leurs responsabilités dans les jours à venir. "J'espère fortement que dans les prochaines semaines, et à partir des jours à venir, que toutes les parties assumeront leurs devoirs dans le but de consolider les institutions de l'Etat", a-t-il dit.

Sa désignation par 738 des 1.007 grands électeurs (députés, sénateurs et représentants des régions) au terme d'un sixième tour de scrutin a provoqué la colère de Beppe Grillo.

Le chef de file du Mouvement 5 Etoiles (M5S, anti-système) a évoqué un "coup d'Etat" et appelé à une manifestation dans la soirée devant le palais de Montecitorio. Samedi soir, des milliers d'Italiens manifestaient bruyamment leur colère devant ce palais abritant la Chambre des députés.

Beppe Grillo, qui avait déjà attiré des dizaines de milliers de sympathisants à Rome avant le scrutin des 24 et 25 février, a déclaré qu'il quittait immédiatement le nord de l'Italie où il se trouve, à 650 km de Rome, pour se rendre au Parlement.

Il a, par la suite, fait savoir qu'il ne lui était matériellement impossible de rallier dans la soirée la capitale.

"Il y a des moments décisifs dans l'histoire d'une nation", a déclaré l'ancien humoriste sur son blog dans un message intitulé "Appel aux Italiens" en qualifiant de "coup d'Etat" la décision des représentants du centre gauche, du centre droit et des centristes de faire appel à Giorgio Napolitano pour sortir le pays de l'impasse.

Ses propos ont été critiqués par le reste de la classe politique, certains comparant sa décision de manifester devant le Parlement à la "marche sur Rome" de Benito Mussolini avant sa prise de pouvoir en 1922.

Le chef de l'Etat, un ancien communiste, devrait maintenant s'engager sur la voie de la formation de grande coalition. En temps normal, la présidence de la République italienne est un poste en grande partie honorifique.

Mais dans les périodes d'instabilité politique, il joue un rôle crucial en désignant la personnalité appelée à former le gouvernement et en détenant "l'arme atomique" de la dissolution du Parlement.

Jusqu'ici, la formule d'un gouvernement de grande coalition a été rejetée par le centre gauche, qui a remporté le plus de sièges au Parlement mais refuse de s'allier au centre droit emmené par l'ancien président du Conseil Silvio Berlusconi.

PLUS ACCOMMODANTS?

Toutefois, Giorgio Napolitano a le pouvoir de convoquer les électeurs une nouvelle fois aux urnes et compte tenu du fait que la plupart des membres du centre gauche redoutent d'affronter de nouveau des élections, il se pourrait qu'ils se montrent aujourd'hui plus accommodants avec l'idée d'une alliance avec le "Cavaliere".

"Je me sens dans l'obligation d'offrir mes services comme on me l'a demandé", avait expliqué le président sortant. "Je ne peux pas fuir mes responsabilités à l'égard de la nation".

Auparavant, Pier Luigi Bersani, chef de file du centre gauche, et son homologue du centre droit, Silvio Berlusconi, ainsi que le président du Conseil sortant chargé d'expédier les affaires courantes, Mario Monti, s'étaient rendus au Quirinal pour demander au chef de l'Etat de présenter sa candidature.

Divisé et de plus en plus désabusé après la décision de Pier Luigi Bersani de jeter l'éponge, les parlementaires ont de nouveau été incapables samedi matin, pour la cinquième fois consécutive, d'élire un nouveau chef de l'Etat.

L'élection d'un nouveau président est une étape clé pour sortir de la crise politique deux mois après les élections des 24-25 février puisqu'un président nouvellement élu a le pouvoir de dissoudre le Parlement, ce qui n'est pas le cas en fin de mandat.

Le mandat de Giorgio Napolitano s'achevait le 15 mai.

On s'attend à ce qu'il démissionne d'ici un an, une fois la crise politique résolue, s'accordent à dire les commentateurs.

Giorgio Napolitano avait jusqu'à présent exclu la possibilité de se représenter, invoquant son grand âge et le fait que jamais auparavant un président n'avait effectué deux mandats. Mais visiblement l'aggravation de la crise politique en a décidé autrement.

L'impasse s'est aggravée avec l'échec des deux candidatures présentées par le Parti démocrate, dont la première, celle de l'ancien président du Sénat Franco Marini, était soutenue par la droite berlusconienne et le pôle centriste formé autour de Mario Monti. La deuxième candidature, celle de Romano Prodi, n'a pas non plus fait le plein des voix de gauche.

Ce double échec a révélé l'ampleur des dissensions au sein même du Parti démocrate, dont plusieurs dizaines d'élus ont voté contre ses consignes.

Prenant acte de ces revers, Pier Luigi Bersani a annoncé vendredi soir qu'il démissionnerait de la tête du PD dès que serait élu le futur président de la République, fustigeant la "trahison" d'une partie de ses troupes.

Avec James Mackenzie, Gavin Jones et Barry Moody; Bertrand Boucey, Jean-Stéphane Brosse, Hélène Duvigneau et Jean-Loup Fiévet pour le service français

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