Le président italien Giorgio Napolitano démissionne

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(Actualisé avec précisions) ROME, 14 janvier (Reuters) - Le président Giorgio Napolitano a présenté mercredi sa démission, après neuf ans à la tête de l'Etat italien, un départ qui va contraindre le président du Conseil, Matteo Renzi, à des négociations délicates pour lui trouver un successeur. Giorgio Napolitano, âgé de 89 ans, avait depuis longtemps laissé entendre qu'il quitterait ses fonctions avant la fin de son second mandat de sept ans. Dans ses voeux au pays, le 31 décembre, il avait expliqué que son âge rendait de plus en plus difficile l'exercice de ses fonctions. Les spéculations sur sa succession durent donc depuis déjà plusieurs mois. Même si ses fonctions sont principalement honorifiques, le président de la République italienne nomme le président du Conseil et peut opposer son veto sur certains textes de loi. Matteo Renzi a déclaré vouloir conclure rapidement un accord entre les principaux partis politiques du pays sur le choix du successeur de Giorgio Napolitano. Mais certains observateurs estiment qu'un échec des pourparlers n'est pas à exclure et qu'il pourrait conduire à des élections anticipées. Aucun favori n'émerge pour le moment parmi les candidats potentiels à la succession de Napolitano, parmi lesquels on compte l'ancien président du Conseil et ancien président de la Commission européenne Romano Prodi, ou encore l'actuel ministre de l'Economie Pier Carlo Padoan et Sergio Mattarella, un des juges de la Cour constitutionnelle. Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi, qui a fait un temps figure de candidat, a exclu de renoncer à sa fonction actuelle. RISQUE DE SURENCHÈRE AU SEIN DU PD Le nouveau président sera élu à bulletins secrets lors d'une séance plénière des deux chambres du parlement et de représentants des régions, dans le cadre d'une procédure complexe à plusieurs tours. Le vote doit commencer dans les 15 jours et devrait débuter à la fin du mois. La débâcle de 2013, quand les querelles entre factions politiques avaient contraint Napolitano à se représenter comme candidat de compromis, a souligné le côté risqué de la procédure de vote. Ancien communiste qui s'était fait élire au parlement pour la première fois en 1953, Giorgio Napolitano n'avait accepté qu'à contrecoeur de briguer un nouveau mandat en 2013. Le Parti démocrate (centre gauche) de Matteo Renzi peut compter sur 450 personnes au sein du collège de 1.009 personnes qui élira le chef de l'Etat. Ce contingent de 450 lui garantit de pouvoir à terme faire élire son candidat sans avoir nécessairement à dépendre de l'appui des grandes formations de l'opposition. Le véritable risque, pour Matteo Renzi, pourrait provenir des rangs de son propre parti, où la frange la plus à gauche et certains membres de la vieille garde pourraient chercher à obtenir des concessions de la part d'un chef de gouvernement, qu'ils ont toujours regardé avec une certaine méfiance. (James Mackenzie et Steve Scherer; Marc Angrand et Eric Faye pour le service français)

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