Le président italien accepte de briguer un second mandat

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GIORGIO NAPOLITANO ACCEPTE DE RESTER PRÉSIDENT EN ITALIE
GIORGIO NAPOLITANO ACCEPTE DE RESTER PRÉSIDENT EN ITALIE

par Naomi O'Leary

ROME (Reuters) - Le président italien sortant Giorgio Napolitano a accepté samedi de briguer un second mandat à la demande de plusieurs responsables incapables de trouver une issue à la crise politique amplifiée par l'annonce de la démission de Pier Luigi Bersani.

Divisé et de plus en plus désabusé après la décision du chef de file du centre gauche, Pier Luigi Bersani, de jeter l'éponge, les parlementaires italiens ont de nouveau été incapables samedi matin, pour la cinquième fois consécutive, d'élire un nouveau chef de l'Etat.

L'élection d'un nouveau président est une étape clé pour sortir de la crise politique en Italie, deux mois après les élections des 24-25 février, puisqu'un président nouvellement élu a le pouvoir de dissoudre le parlement, ce qui n'est pas le cas en fin de mandat.

La probabilité de trouver une majorité pour doter l'Italie d'un nouveau président étant de plus en plus mince, Giorgio Napolitano, dont le mandat s'achève en principe le 15 mai, a annoncé samedi après-midi qu'il acceptait de rester en poste, à la demande de plusieurs formations politiques.

"Je ressens l'obligation d'offrir la disponibilité que l'on me réclame", a dit le chef de l'Etat, âgé de 87 ans, dans un communiqué.

"Je ne peux fuir mes responsabilités envers la nation", a-t-il souligné.

Giorgio Napolitano s'est dit certain que les formations politiques feraient preuve du "même sens des responsabilités" lors du sixième vote du collège des 1.007 grands électeurs (les députés, les sénateurs et des représentants des régions) samedi après-midi.

Il lui faudra recueillir 504 voix, à savoir la majorité simple du collège.

"GRAVE SITUATION"

Soutenu par les blocs de centre-gauche et de centre-droit, qui rassemblent à eux deux plus des deux tiers du collège des grands électeurs, Giorgio Napolitano a toutes les chances d'être élu, si tant est que les consignes de vote soient respectées.

En cas d'élection pour un nouveau mandat de sept ans, Giorgio Napolitano devrait probablement démissionner d'ici un an, une fois la crise politique résolue, s'accordent à dire les commentateurs.

Au cours d'entretiens avec le chef de l'Etat au palais du Quirinal, les chefs de file de centre-gauche et de centre-droit, Pier Luigi Bersani et Silvio Berlusconi, ainsi que le président du Conseil sortant Mario Monti lui ont demandé samedi de se présenter à un nouveau mandat en raison de "la grave situation provoquée par les votes successifs", écrit la présidence.

Giorgio Napolitano avait jusqu'à présent exclu cette possibilité, invoquant son grand âge et le fait que jamais auparavant un président n'avait effectué deux mandats, mais l'aggravation de la crise politique en a décidé autrement.

La plupart des 1.007 grands électeurs italiens ont voté blanc samedi matin lors du cinquième tour à bulletins secrets, tandis que l'alliance de la droite berlusconienne a boycotté l'élection.

Le nombre de bulletins blancs déposés dans les urnes ne faisant pas automatiquement baisser le nombre de voix requises pour l'emporter, à savoir la majorité simple, l'Italie s'est à nouveau retrouvée sans président.

Stefano Rodota, présenté par le mouvement Cinq Etoiles (M5S) de Beppe Grillo, a réuni 210 voix, bien loin de la majorité simple des 504 voix.

L'IMPASSE AGGRAVÉE

En Italie, le président de la République est élu au suffrage indirect par un collège de 1.007 grands électeurs. Une majorité qualifiée des deux tiers était requise lors des trois premiers tours de scrutin, jeudi et vendredi matin, ce qui n'est pas le cas des tours suivants, qui se jouent à la majorité simple.

L'impasse s'est aggravée avec l'échec des deux candidatures présentées par le Parti démocrate, dont la première, celle de l'ancien président du Sénat Franco Marini, était soutenue par la droite berlusconienne et le pôle centriste formé autour de Mario Monti. La deuxième candidature, celle de Romano Prodi, n'a pas non plus fait le plein des voix de gauche.

Ce double échec a révélé l'ampleur des dissensions au sein même du Parti démocrate, dont plusieurs dizaines d'élus ont voté contre ses consignes.

Prenant acte de ces revers, Pier Luigi Bersani a annoncé vendredi soir qu'il démissionnerait de la tête du Parti démocrate (PD) dès que serait élu le futur président de la République, fustigeant la "trahison" d'une partie de ses troupes.

"Il y a parmi nous un traître sur quatre, pour moi, c'est inacceptable", a-t-il dit au groupe parlementaire du PD, selon l'agence Agi.

Rosy Bindi, présidente du PD, a également présenté sa démission.

Pour le commentateur politique Massimo Franco, qui écrivait samedi dans un éditorial du Corriere della Sera, "la direction du Parti démocrate est en train de s'écrouler" et "c'est la fin d'une ère".

Matteo Renzi, le jeune maire de Florence que Bersani avait battu lors des primaires du centre-gauche en décembre, semble le mieux placé pour prendre les rênes du Parti démocrate. A 38 ans, il est aujourd'hui, et de loin, la personnalité la plus populaire au centre-gauche.

Avec James Mackenzie, Gavin Jones et Barry Moody; Bertrand Boucey, Jean-Stéphane Brosse et Hélène Duvigneau pour le service français

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