Le président indonésien refuse les appels à la clémence

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DJAKARTA, 24 février (Reuters) - Le nouveau président indonésien, Joko Widodo, a affirmé que les onze personnes condamnées à mort dans son pays, la plupart pour trafic de drogue, seraient bien exécutées et a demandé fermement aux pays étrangers, dont la France, de ne pas intervenir. "La première chose que je dois dire avec fermeté est qu'il ne doit pas y avoir d'interventions concernant la peine de mort parce que l'application de la loi relève de notre droit souverain", a déclaré à des journalistes Joko Widodo, qui a dit avoir reçu des appels des dirigeants français, brésilien et néerlandais. Les exécutions ont repris en 2013 en Indonésie après une suspension de cinq ans. Peu avant la prise de parole présidentielle, un juge indonésien a rejeté un appel à la clémence pour deux Australiens condamnés à mort pour trafic de drogue, a déclaré mardi leur avocat, qui a annoncé son intention de faire appel de la décision. L'Australie mène campagne pour empêcher les exécutions de Myuran Sukumaran, 33 ans, et Andrew Chan, 31 ans, condamnés en 2005 pour trafic d'héroïne. Canberra a prévenu qu'il réfléchirait à un rappel de son ambassadeur en poste à Djakarta si ces deux ressortissants sont exécutés. Le Brésil et les Pays-Bas ont déjà franchi le pas le mois dernier après les exécutions d'un Brésil et d'un Néerlandais. La semaine dernière, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a convoqué l'ambassadeur indonésien à Paris pour lui faire part de "l'extrême préoccupation des autorités françaises concernant la situation de Serge Atlaoui, ressortissant français condamné à mort en Indonésie", a rapporté le Quai d'Orsay. Arrêté en 2005 dans un atelier clandestin de production d'ecstasy, Serge Atlaoui a été condamné à mort en 2007. Ses proches affirment que cet artisan soudeur de profession avait accepté d'installer des machines dans cet atelier en ignorant leur usage. Ils le disent aussi victime d'un procès inéquitable et bâclé. Ses avocats ont déposé un recours en révision de son procès devant la Cour suprême. (Kanupriya Kapoor; Patrick Vignal et Henri-Pierre André pour le service français)

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