Le président guatémaltèque renvoyé devant la justice

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(Actualisé avec citation, contexte, détails § 3-7) GUATEMALA CITY, 8 septembre (Reuters) - Le président démissionnaire du Guatemala, Otto Pérez, a été renvoyé mardi devant la justice de son pays pour y répondre des accusations de corruption et de fraudes douanières dans le cadre d'un scandale politique qui frappe le pays en pleine élection présidentielle. Ottoz Pérez, 64 ans, général à la retraite, avait été élu en 2011 sur la promesse de combattre le crime et la corruption au Guatemala. La semaine passée, il a démissionné de ses fonctions et a été incarcéré en attendant d'être entendu dans une enquête sur des cas de corruption qui lui auraient rapporté plusieurs millions de dollars. Il existe "des éléments suffisants laissant supposer qu'il a pris part" à cette fraude, a expliqué le juge Miguel Angel Galvez en rendant son ordonnance de renvoi. Le ministère public soupçonne le président Pérez d'être impliqué dans une affaire de fraude douanière baptisée "La Linea" (La Ligne) en référence à une ligne téléphonique utilisée par des importateurs afin d'éviter de verser des droits de douane en échange de pots-de-vin. L'affaire éclabousse une partie de la classe politique puisque l'ancienne vice-présidente Roxanna Baldetti a démissionné, étant soupçonnée d'être impliquée dans l'affaire, ce qu'elle dément. Une vingtaine d'autres responsables, dont le président de la banque centrale, ont été arrêtés. Les enquêteurs n'ont pas encore établi le montant des sommes qui ont été détournées. Cette affaire intervient au moment où le Guatemala choisit son prochain président de la République. L'humoriste Jimmy Morales, candidat à la présidentielle, a bénéficié à plein de ce scandale, arrivant en tête du premier tour dimanche. Il apparaît en bonne voie pour remporter le second tour prévu le mois prochain. Son futur adversaire n'est pas encore connu, le décompte des voix qui se poursuit n'a pas permis pour l'instant de départager l'homme d'affaires conservateur Manuel Baldizon et l'ex-Première dame Sandra Torres. Le Congrès guatémaltèque a investi à titre intérimaire le vice-président Alejandro Maldonado qui achèvera le mandat en cours avant une passation de pouvoir en janvier. (Enrique Andres Pretel; Pierre Sérisier pour le service français)

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