Le président gambien est rentré à Banjul

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(Actualisé avec bilan, diplomate, département d'Etat et communiqué de l'Onu) BANJUL, 31 décembre (Reuters) - Le chef de l'Etat gambien Yahya Jammeh est rentré mercredi à Banjul, où les commerces et les banques ont rouvert au lendemain d'une fusillade aux abords du palais présidentiel, qui serait due à une tentative de putsch lancée par un ancien commandant de la garde présidentielle. Signe de la tension qui règne encore dans la capitale, trois points de contrôle ont été mis en place sur le pont Denton, qui y conduit, rapportent des témoins. Le président ne s'est pas exprimé à son retour mais il devrait prendre la parole dans la soirée pour son traditionnel discours de fin d'année. Les forces de l'ordre ont pris position dans les rues de Banjul mardi après la fusillade, qui s'est déroulée dans la matinée. Le gouvernement a alors minimisé l'incident et a nié tout coup d'état. Il ne s'est pas exprimé depuis. "Il y a des craintes de représailles", a souligné un diplomate occidental ayant requis l'anonymat, qui a fait état de quatre morts et quatre blessés parmi les assaillants après l'attaque de mardi. La plupart des victimes seraient d'anciens membres des forces gouvernementales, a-t-il précisé. Selon la presse locale et plusieurs observateurs, Lamine Sanneh, ancien chef de la garde présidentielle et réserviste de l'armée américaine qui possède la double nationalité, faisait partie du groupe. A Washington, un représentant du département d'Etat a assuré que les Etats-Unis n'avaient joué "absolument aucun rôle" dans les événements de mardi, ajoutant que la situation était "actuellement calme". A l'issue d'un bref débat à l'Onu, Ban Ki-moon, secrétaire général de l'organisation, a demandé l'ouverture d'une enquête et lancé un appel à la retenue. Un coup d'Etat a été déjoué en 2006 et certains de ses auteurs auraient été exécutés, selon Amnesty International. Yahya Jammeh, âgé de 49 ans, a pris le pouvoir par la force en 1994 et a étouffé depuis toute opposition. Il est de plus en plus décrié pour son bilan en matière de respect des droits de l'homme. (Matthew Mpoke Bigg; Tangi Salaün pour le service français)

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