Le président du Parlement turc pour une constitution religieuse

le , mis à jour à 19:13
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    ISTANBUL, 26 avril (Reuters) - Ismail Kahraman, président du 
Parlement turc, a plaidé pour l'abandon du principe de laïcité 
dans le cadre de la réforme constitutionnelle souhaitée par le 
président Recep Tayyip Erdogan, une proposition condamnée par 
l'opposition et critiquée par certains membres de l'AKP, le 
parti au pouvoir. 
    "La nouvelle Constitution ne doit pas être laïque (...) 
Cette nouvelle Constitution doit être religieuse", a-t-il 
déclaré dans un discours prononcé lundi soir et relayé mardi par 
les chaînes de télévision. 
    Ismail Kahraman a précisé mardi que, selon lui, la laïcité 
avait été trop longtemps employée pour limiter les libertés 
religieuses et qu'il fallait une définition plus claire "qui 
n'oppose pas l'Etat au peuple". 
    Le chef de l'Etat et le Parti de la justice et du 
développement (AKP), mouvement islamo-conservateur dont il est 
issu, militent de longue date pour une réforme de la loi 
fondamentale amendée après le coup d'Etat militaire de 1980, et 
pour l'instauration d'un régime présidentiel, mais ils se disent 
attachés aux principes démocratiques européens. 
    Mustafa Sentop, cadre de l'AKP qui dirige la commission 
parlementaire chargée de la réforme constitutionnelle, a déclaré 
que le projet en cours d'élaboration maintenait le principe de 
laïcité et que son parti n'avait même pas envisagé de l'en 
retirer. 
    "Ces propos rendent plus difficiles les efforts deployés 
pour une nouvelle Constitution", a déclaré à Reuters un autre 
responsable du parti d'Erdogan. 
    "Nous allons devoir faire comprendre très clairement à 
l'opinion publique qu'une telle approche n'est pas envisagée. 
Mais franchement, avec les déclarations d'hier, cela ne va pas 
être facile." 
    L'AKP, qui dispose de 317 des 550 sièges parlementaires, 
doit réunir 330 voix pour obtenir la tenue d'un référendum 
constitutionnel, ce qui suppose le ralliement d'une partie de 
l'opposition, dont l'un des chefs de file a vivement réagi aux 
propos du président du Parlement. 
    "La laïcité est le premier facteur de paix sociale. La 
laïcité est là pour garantir à tous la liberté de culte", 
souligne Kemal Kilicdaroglu, chef de file du Parti républicain 
du peuple (CHP, laïque), sur Twitter. 
    Devlet Bahceli, le chef de file du Parti d'action 
nationaliste (MHP, opposition), a jugé inopportun d'ouvrir un 
débat sur la laïcité et a demandé à Ismail Kahraman de revenir 
sur ses propos. 
    Ces déclarations ont provoqué des incidents devant le 
parlement où une cinquantaine de manifestants, dont des députés 
du CHP, se sont réunis avant d'être dispersés par la police. 
 
 (Ayla Jean Yackley, Jean-Philippe et Nicolas Delame Lefief pour 
le service français) 
 
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  • M9244933 il y a 8 mois

    Retour au Moyen-Age. Atatürk doit se retourner dans sa tombe.

  • M7097610 il y a 8 mois

    on en a 6 millions à y expédier !

  • ecerutti il y a 8 mois

    Ça vous rappelle un autre état ?