Le président du Parlement russe veut une nouvelle trêve en Ukraine

le
1
LE PRÉSIDENT DU PARLEMENT RUSSE APPELLE À UNE NOUVELLE TRÊVE EN UKRAINE
LE PRÉSIDENT DU PARLEMENT RUSSE APPELLE À UNE NOUVELLE TRÊVE EN UKRAINE

par Katya Golubkova

MOSCOU (Reuters) - Le président de la chambre basse du Parlement russe a réclamé mardi un nouveau cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine, où les forces gouvernementales font face aux séparatistes pro-russes, rapporte l'agence de presse Interfax.

"Nous pensons qu'à défaut d'une trêve, à défaut de l'ouverture d'un dialogue, il sera tout simplement impossible de rétablir la paix, la justice et l'ordre en Ukraine", a déclaré Sergueï Narichkine, allié du président Vladimir Poutine.

Dénonçant les "activités criminelles" des rebelles qui ont selon lui fait échouer son plan de paix, le président ukrainien Petro Porochenko a annoncé dans la nuit de lundi à mardi la fin du cessez-le-feu qui était en vigueur depuis le 20 juin dans l'est du pays.

La trêve, qui avait été prolongée de trente-six heures vendredi soir, arrivait à expiration lundi à 22h00 (19h00 GMT).

Le Kremlin n'a fait aucun commentaire pour l'heure sur la décision annoncée par Kiev.

De son côté, l'Union européenne devrait se prononcer dans la journée de mardi sur l'opportunité de nouvelles sanctions contre la Russie, a affirmé à Berlin le président de la commission des Affaires étrangères du Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand.

"La décision sera prise aujourd'hui", a dit Norbert Röttgen.

Rappelant que les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Huit ont formulé vendredi dernier des demandes "concrètes et réalisables" à Poutine, il a ajouté: "L'UE doit s'en tenir à ce qu'elle a dit sous peine de perdre sa crédibilité et de ne plus rien pouvoir faire en faveur de la désescalade et de la stabilité."

THÉÂTRE DE L'ABSURDE

Dans leur déclaration commune, les Vingt-Huit réclamaient qu'un accord soit trouvé d'ici lundi sur un mécanisme de vérification du cessez-le-feu, sous observation de l'OSCE, et sur un contrôle effectif aux frontières avec la restitution aux autorités de Kiev de trois postes-frontières qui échappent actuellement au pouvoir central.

Ils demandaient aussi l'ouverture de "négociations approfondies concernant la mise en oeuvre du plan de paix du président Porochenko".

Ce plan, qui repose sur le cessez-le-feu, prévoit aussi l'instauration d'une zone tampon de 10 km de large le long des 1.900 km de frontière avec la Russie et une amnistie aux séparatistes déposant les armes et n'ayant pas commis de "graves crimes". Sur le plan institutionnel, il propose une décentralisation accrue et la reconnaissance de la langue russe.

Dans la journée de lundi, Porochenko était convenu avec Poutine de travailler à un nouveau cessez-le-feu, avait rapporté la présidence française à l'issue d'un nouvel entretien téléphonique à quatre incluant les présidents russe et ukrainien, François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel, le troisième depuis mercredi dernier.

"C'est le théâtre de l'absurde", a jugé Sergueï Narichkine qui accuse les alliés occidentaux de Kiev de fermer les yeux sur les agissements des forces ukrainiennes et sur le flot de réfugiés qui, dit-il, quittent l'Ukraine.

Les Occidentaux, a poursuivi le président de la Douma, font "comme s'ils ne voyaient pas ce qui se passe en Ukraine, comme si une crise et une guerre civile ne se déroulaient pas dans le centre de l'Europe".

(avec Stephen Brown à Berlin; Henri-Pierre André pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • ZvR le mardi 1 juil 2014 à 10:15

    Kiev a lancé le nettoyage ethnique......