Le président du Kurdistan irakien condamne les frappes turques

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(Actualisé avec ministère turc et YPG) BEYROUTH/ISTANBUL, 1er août (Reuters) - Le président de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a condamné samedi le bombardement d'un village par l'armée turque qui a, selon lui, tué plusieurs civils, et appelé à un renouveau du processus de paix. "Nous condamnons ce bombardement qui a entraîné le martyre de gens de la région du Kurdistan et nous exhortons la Turquie à ne plus bombarder de civils à nouveau", a-t-il déclaré dans un communiqué. Selon un haut responsable turc joint par Reuters, Ankara collabore avec les autorités du Kurdistan irakien afin de savoir si des civils ont été tués vendredi dans le bombardement du village de Zargala. Le ministère turc des Affaires étrangères a confirmé par la suite qu'une enquête conjointe avec le gouvernement du Kurdistan irakien était en cours pour tenter de faire toute la lumière. "On sait qu'il n'y a pas de civils dans le camp terroriste de Zargala mais que des membres influents du PKK étaient présents lors des frappes aériennes", a déclaré le ministère. "Dans le même temps, c'est un fait que l'organisation terroriste utilise malheureusement des civils comme boucliers humains", a ajouté le ministère turc. Le gouvernement turc a lancé le 24 juillet dernier une campagne militaire dirigée contre l'Etat islamique (EI), mais aussi contre des miliciens kurdes du nord de l'Irak et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a alors évoqué un "combat synchronisé contre le terrorisme". ANKARA "N'ATTAQUE PAS LE PEUPLE KURDE" Mais, dans les faits, les frappes ont jusqu'à présent visé en majorité des positions kurdes. Selon les médias turcs, 260 miliciens kurdes ont été tués et 400 autres blessés au cours de huit séries de frappes menées depuis le déclenchement des opérations. En Syrie, la milice kurde YPG a déclaré sur son site internet que ses hommes avaient été pris dans des tirs transfrontaliers à quatre occasions au cours de la semaine écoulée, et a parlé du survol du nord de la Syrie par des avions turcs. Cette milice, qui se coordonne régulièrement avec les forces de la coalition internationale menant des frappes aériennes contre l'Etat islamique (EI), dit n'avoir rien à voir avec le conflit entre le PKK et la Turquie. "Nous estimons que les récents mouvements de l'armée turque sont une provocation et un acte d'hostilité", lit-on dans le communiqué de l'YPG. Un haut responsable turc a réaffirmé samedi la position d'Ankara, à savoir que les récentes opérations militaires ne visaient pas l'YPG mais que l'armée turque se réservait le droit de risposter, dans le cadre des règles d'engagement. "La Turquie n'attaque pas le peuple kurde. Son problème concerne uniquement le PKK", a-t-il dit. "Nous avons de bonnes relations avec le gouvernement régional kurde et nous ne visons pas l'YPG, même s'il est affilié au PKK", a-t-il dit. (Sylvia Westall, Humeyra Pamuk et Stephen Kalin; Simon Carraud et Eric Faye pour le service français)

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