Le président du directoire de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, le 25 juillet 2012 à Paris

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Le président du directoire de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, a défendu jeudi devant des députés et sénateurs le projet du constructeur automobile de supprimer des postes en France et récusé toute dissimulation dans sa gestion du dossier.PSA "n'a dissimulé aucune donnée ni aucune information relative à la situation réelle du groupe", a affirmé M. Varin devant les commissions économiques de l'Assemblée nationale et du Sénat."La crise qu'affronte PSA Peugeot Citroën est sans doute l'une des plus violentes qui ait été vécue par cette entreprise au cours de son histoire", a-t-il insisté.Ce sont ces difficultés qui le conduisent à supprimer 8.000 postes en France, à réduire son activité dans son site de Rennes (Ille-et-Vilaine) et à arrêter la production à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), a poursuivi M. Varin.PSA a mis sur pied une cellule ad hoc pour Aulnay. Par ailleurs, "nous proposerons 1.500 reclassements internes pour Aulnay et 400 pour Rennes", sur 3.000 postes supprimés sur le premier site et 1.400 sur le second, a détaillé M. Varin.Concernant l'avenir du site de Sevelnord (Nord), il s'est dit "très positif".Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a parlé de dissimulation de la part de PSA. Il a nommé un expert, Emmanuel Sartorius, chargé de faire un point sur la santé du groupe. Ce dernier doit rendre des conclusions provisoires à la fin du mois avant un rapport complet en septembre.M. Varin a aussi défendu la stratégie du constructeur, mise en cause par le gouvernement. Contrairement à certains de ses concurrents, PSA est encore très dépendant de l'Europe.Il a dit avoir été surpris par "le reproche d'avoir, en somme, commis l'erreur de faire preuve d'un patriotisme économique mal conçu". "Contre vents et marées, nous avons maintenu sur le territoire national 100.000 emplois, 16 usines, 85% de notre appareil de recherche", a encore plaidé l'industriel."Aurions-nous dû nous orienter vers le +low cost+ ' Cela signifie dès lors, comme d'autres l'ont fait, nous implanter dans des pays +low cost+", s'est-il interrogé, évoquant, sans le nommer, le cas de Renault. "Parce qu'un dispositif industriel n'est pas extensible, cela voudrait dire aussi qu'il faut fermer des usines en France '"M. Varin a abordé la question de l'avenir de la coopération avec l'allemand BMW dans les hybrides et a reconnu qu'il y a "un écart" dans leurs orientations qui les conduisent à mener des "des discussions (...) pour qu'on résolve cette question".Dans un communiqué, le président de la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, François Brottes, a salué la qualité de cet "exercice de transparence démocratique". "Le président du directoire du groupe Peugeot-Citroën a répondu aux questions avec honnêteté, y compris lorsqu'il s'agissait de faire part de ses incertitudes", a-t-il affirmé.M. Brottes annonce par ailleurs que les travaux de la commission "vont se poursuivre dans le cadre d'une mission d'information sur l'ensemble des coûts de production industriels, y compris ceux de la recherche, de l'énergie, des rémunérations, des normes environnementales, de la logistique, etc".Le communiqué précise que seront bientôt entendus les ministres chargés du plan automobile, les syndicats du secteur, Emmanuel Sartorius, puis le commissaire général à l'investissement Louis Gallois.

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