Le président du directoire de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, le 23 juillet 2012 à Paris

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PSA Peugeot Citroën détaille mercredi son projet de 8.000 suppressions de postes en France et l'ampleur de sa perte semestrielle, deux annonces suivies avec attention par le gouvernement qui présente de son côté son plan de soutien à l'automobile. Ces trois rendez-vous sont capitaux pour le secteur automobile français, commotionné par les plans de PSA, dont la fin de la production à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), et aussi pour le gouvernement qui doit gérer cette bombe sociale, amorcée par un groupe automobile exsangue profondément ancré dans l'imaginaire des Français.A 07H30, le deuxième constructeur européen et premier français devant Renault, qui dit brûler environ 200 millions d'euros de liquidité par mois et ne s'attend pas à un retour à l'équilibre de son flux de trésorerie opérationnel avant fin 2014, doit dévoiler le montant de sa perte nette au premier semestre.Les analystes interrogés par Dow Jones Newswires attendent un chiffre de 208 millions d'euros, contre un bénéfice de 806 millions un an plus tôt.La seule division automobile, confrontée au recul des marchés européens, a connu une perte opérationnelle courante de l'ordre de 700 millions d'euros sur les six premiers mois.Ces résultats financiers seront scrutés par l'exécutif, qui a mis en doute ces dernières semaines l'ampleur des difficultés rencontrées par PSA. Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a mandaté un expert, Emmanuel Sartorius, pour faire un point sur ce sujet.Le groupe doit ensuite passer au volet social, après une semaine de forte tension avec le gouvernement. Un comité central d'entreprise (CCE) est convoqué à 09H00 au siège pour détailler "le projet de réorganisation des activités industrielles et de réduction des effectifs".Il dévoilera aussi à l'occasion de ce CCE sa réorientation stratégique.Reçu lundi par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, le patron de PSA Philippe Varin s'est engagé à éviter les licenciements secs et à "faire le maximum" pour la "réindustrialisation" du site d'Aulnay dans le cadre de ce plan jugé "inacceptable" en l'état par le président François Hollande le 14 Juillet.Manifestation des syndicatsCe CCE sera l'occasion d'en savoir plus sur les suppressions de postes, la fermeture d'Aulnay-sous-Bois, la réduction de l'activité à Rennes (Ille-et-Vilaine) et l'impact pour les autres sites.Des délégations de salariés d'Aulnay et de Rennes sont attendues devant le siège parisien du groupe, avenue de la Grande Armée.La balle sera ensuite dans le camp du gouvernement, et du ministre du Redressement productif, en première ligne sur le dossier PSA. Son plan de soutien à l'automobile sera présenté le matin en conseil des ministres. Plus tôt dans la matinée, M. Ayrault devrait recevoir le patron de Renault, Carlos Ghosn.Après de nombreuses mesures de soutien au secteur depuis la crise de 2008, M. Montebourg a déjà évoqué la possibilité "d'accentuer les mesures liées au bonus malus écologique".Il veut un "soutien massif" aux véhicules "innovants et propres", un des axes de développement de Renault et de PSA, mais a déjà exclu de rescusciter la prime à la casse.Pour recevoir l'aide du gouvernement, les constructeurs devront offrir des "contreparties", a-t-il toutefois répété mardi en audition au Sénat. "Nous veillerons à ce que l'argent public soit utilisé de manière efficiente", a-t-il ajouté.M. Montebourg, monté au front sur plusieurs dossiers très médiatiques, dont l'usine de Rio Tinto à Saint-Jean-de-Maurienne, menacée de fermeture, ou la restructuration en cours chez Sanofi, est critiqué pour ses procédés.A l'UMP, François Fillon l'a qualifié d'irresponsable, tandis que Jean-François Copé l'accusait de "menacer des milliers d'entreprises" et d'emplois.Mardi au Sénat, M. Montebourg a défendu sa méthode, répétant que la famille Peugeot qui détient un quart du capital, avait sa responsabilité dans la situation, ainsi que les autres parties prenantes.Il a aussi assuré que ses accusations de dissimulation envers la direction, suspectée d'avoir retardée les annonces au-delà de l'élection présidentielle, étaient "extrêmement modérées et par ailleurs parfaitement équilibrées".

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