Le président de la Bundesbank critique le programme de la BCE

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LE PRÉSIDENT DE LA BUNDESBANK CRITIQUE LE PROGRAMME DE LA BCE
LE PRÉSIDENT DE LA BUNDESBANK CRITIQUE LE PROGRAMME DE LA BCE

BERLIN (Reuters) - Le président de la Bundesbank Jens Weidmann a exprimé des doutes sur l'efficacité du programme de rachat d'actifs annoncé jeudi par la Banque centrale européenne (BCE) destiné à relancer l'activité économique en Europe.

Dans un entretien au Welt am Sonntag, Jens Weidmann qui fait partie du conseil des gouverneurs de la BCE a précisé qu'il avait voté contre ce programme.

Il estime que la faiblesse de la croissance au sein de l'Union européenne est d'abord liée au degré élevé d'endettement et au manque de compétitivité de certains pays membres. "Il appartient aux gouvernements concernés de corriger cela", a-t-il dit.

"Il est difficile d'estimer les effets que cela pourra avoir mais il est probable qu'ils seront moindres que ceux connus aux Etats-Unis", explique-t-il faisant référence aux mesures prises par la Réserve fédérale après la crise financière de 2008.

"Le niveau des taux d'intérêt était bien plus élevé aux Etats-Unis lorsque cela a commencé. De plus, les entreprises américaines ont plus fréquemment recours aux marchés pour se financer et les achats de la banque centrale ont de fait un impact plus direct chez eux que dans une économie (plus largement) financée par les banques".

Jens Weidmann avait déjà fait part de son scepticisme samedi dans le quotidien à grand tirage Bild, estimant que ce programme allait réduire la pression qui pesait sur la France et sur l'Italie afin de conduire des réformes.

Selon lui, le programme de la BCE, qualifié "d'instrument de politique monétaire anormal", ne constitue pas un "tournant" mais il n'en demeure pas moins "une décision grave".

La décision de la Banque centrale européenne comporte, à ses yeux, "des désavantages et des risques" pour la monnaie unique.

"Les taux d'inflation sont, bien sûr, très bas en ce moment mais cette tendance à la baisse est liée à la faiblesse des prix pétroliers", explique-t-il. "De nombreux signes montrent que ces taux d'inflation extrêmement bas ne sont que temporaires".

Le président de la BCE, Mario Draghi, a précisé que le rachat d'actifs renforcé porterait sur 60 milliards d'euros par mois, jusqu'à fin septembre 2016, soit une enveloppe de 1.140 milliards d'euros jusqu'à "un ajustement durable" conforme à l'objectif de l'institution en termes d'inflation.

(Erik Kirschbaum; Pierre Sérisier pour le service français)

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  • launor le mercredi 28 jan 2015 à 19:54

    Si l'on se penche sur l'histoire récente de la parité euro/dollar , le QE américain n'a pas entraîné de raffermissement de l'euro : elle valait 1,6 il y a quelques années alors que le QE américain commençait.

  • launor le mercredi 28 jan 2015 à 19:51

    Les "réformes structurelles" pour reprendre ce terme à la mode : je me demande en quoi elles consistent ! Est-ce douloureux docteur ?

  • M9425023 le lundi 26 jan 2015 à 09:46

    Ce n'est pas l'argent qui manque (en France), ce sont la stabilité législative, une fiscalité raisonnable, la suppression des freins administratifs et la confiance dans l'avenir. Je ne vois pas ce que le QE va changer, sauf pour l'Etat et les multinationales qui vont à nouveau plonger la main dans le sac et accroître les déficits et les inégalités.

  • b.renie le lundi 26 jan 2015 à 07:02

    Le court terme à un an est à 0.28 alors qu'il y a un an il était 0.53. soit moins 47% !!! Cela indique que les trésorerie des banques est plutôt souple Cela indiquerait-il aussi que la demande de crédit de l'économie réelle est faible par faiblesse des carnets de commandes ? Alors le QE va-t-il changer qq chose ?

  • b.renie le lundi 26 jan 2015 à 06:41

    La décision de la BCE est à risque si les gouvernements des pays fortement endettés et dont l'économie réelle manque de compétitivité structurelle, n'engagent pas les réformes profondes que cette situation appelle. Si cela n'est pas entrepris le prix à payer sera très élevé. Il faut absolument profiter de la baisse de l'euro et du prix de l'énergie pour moderniser l'organisation politico/administrative du pays et mettre notre économie réelle à niveau

  • ZvR le lundi 26 jan 2015 à 00:09

    Apporter des fonds propres directement aux entreprises plutôt que de faire des jolis cadeaux aux banques aurait pu être une solution intéressante.

  • M4633794 le dimanche 25 jan 2015 à 22:41

    Un des rares à avoir encore la tête sur les épaules en Europe!

  • pierry5 le dimanche 25 jan 2015 à 22:04

    J'avais dit et je redis, Mario ne sais rien faire sans les allemands, je ne suis pas sûr qu'il aura la possibilité de racheter les dettes qu'il a prévu. Il y a encore un mois et demi et sauf retournement de la situation ( Si la spéculation se tourne vers d'autres cieux ) l'Euro s'effondre et devrait continuer à s'effondrer au point que si la BCE n'intervient pas il pourrait rejoindre le Rouble.

  • launor le dimanche 25 jan 2015 à 19:55

    Il eut été plus efficace de donner 200 euros par mois à chaque eurolandais plutôt que de permettre aux financiers de réaliser leurs PV sur obligations. Le propriétaire d'une entreprise en difficulté ne vera pas affluer le crédit gratuit pour autant, alors que 200 euros pour lui sa famille ses employés ses clients ...

  • crcri87 le dimanche 25 jan 2015 à 17:39

    L'Europe ne va pas bien.Le président de la Buba a sans doute raison mais tort d'emboucher sa trompette, cela joue contre l'Europe et donc aussi contre l'Allemagne.SuperMario bouge c'est très différent de ce bigot deTrichet

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