Le président de l'OM et deux prédécesseurs en garde à vue

le
0

* Vincent Labrune, Pape Diouf et Jean-Claude Dassier entendus * L'enquête porte sur les conditions de plusieurs transferts * Le club assure vouloir "collaborer" avec la justice (Actualisé avec précisions sur Nasri) PARIS, 18 novembre (Reuters) - Le président de l'Olympique de Marseille, Vincent Labrune, et deux de ses prédécesseurs, Jean-Claude Dassier et Pape Diouf, ont été placés mardi en garde à vue dans une enquête financière, a-t-on appris de source proche de l'enquête. Les enquêteurs s'intéressent à une série de contrats de transferts ces dernières années, dont celui de l'attaquant André-Pierre Gignac, qui auraient donné lieu au versement de commissions occultes, a-t-on précisé de même source. Le transfert de Souleymane Diawara, de Bordeaux à l'OM en 2009, et de Samir Nasri, de l'OM vers Arsenal en 2008, sont également dans le collimateur des enquêteurs. Vincent Labrune et Pape Diouf sont entendus à l'hôtel de police de Marseille, en même temps que le directeur général du club phocéen, Philippe Pérez, lui aussi interpellé. Jean-Claude Dassier est pour sa part gardé à vue au parquet financier de Nanterre (Hauts-de-Seine), précise Le Point, qui a révélé l'information. Selon une source proche de l'enquête, les interpellations de ce mardi ne sont que le première étage de la fusée, les agents de joueurs devant faire partie d'une deuxième vague. Le club a confirmé dans un communiqué que les deux actuels dirigeants, Vincent Labrune et Philippe Pérez, étaient entendus et assuré que l'actionnaire, Margarita Louis-Dreyfus, "a exprimé sa pleine confiance dans l'actuelle équipe dirigeante". "Les auditions de ce jour s'inscrivent dans un travail d'investigation entamé il y a près de deux ans portant notamment sur les conditions autour d'anciens transferts de joueurs", écrit le club sur son site internet (www.om.net). "Depuis l'ouverture de cette enquête, le club et ses dirigeants n'ont cessé de collaborer avec la justice et de contribuer à la manifestation de la vérité", poursuit le texte. PERQUISITIONS EN 2013 Une série de perquisitions avaient été effectuées en janvier 2013 au centre d'entraînement de l'OM dans le cadre d'une information judiciaire contre X pour "extorsions de fonds, blanchiment et associations de malfaiteurs", au préjudice de plusieurs discothèques d'Aix-en-Provence. Les enquêteurs avaient alors saisi des documents relatifs à des transferts de joueurs à l'OM, dont celui de l'international français André-Pierre Gignac, attaquant vedette du club. Le transfert d'André-Pierre Gignac en août 2010 de Toulouse à Marseille, pour une somme évaluée à 20 millions d'euros, avait été réalisé sous l'autorité de Jean-Claude Dassier et validé par Vincent Labrune, alors président du conseil de surveillance. La justice soupçonnait le versement de rétrocommissions à des personnes proches du grand banditisme corse, notamment un intermédiaire non officiel du football et premier agent de l'attaquant, Christophe d'Amico, condamné en novembre 2013 à quatre ans de prison dont deux avec sursis dans une affaire d'extorsion de fonds dans des boîtes de nuit d'Aix-en-Provence. L'enquête actuelle est menée par la sous-direction de la lutte contre le crime organisé et la délinquance financière (SDCOF) et la police judiciaire de Marseille, notamment. Cette opération est un coup dur pour l'OM qui, sous l'impulsion notamment d'André-Pierre Gignac, est en tête du championnat de Ligue 1 après 13 journées. (Nicolas Bertin, avec Jean-François Rosnoblet à Marseille et Grégory Blachier)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant