Le président chypriote consulte, pas d'accord à Moscou

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PAS D'ACCORD À MOSCOU SUR LE PRÊT RUSSE À CHYPRE
PAS D'ACCORD À MOSCOU SUR LE PRÊT RUSSE À CHYPRE

NICOSIE (Reuters) - Les dirigeants chypriotes ont tenu mercredi matin une réunion de crise pour tenter d'éviter un effondrement financier du pays, après le rejet mardi soir au parlement du plan de sauvetage de l'Union européenne.

Aucun des 56 députés n'a voté en faveur du plan de dix milliards d'euros de l'UE, qui impliquait une taxation des dépôts bancaires chypriotes. Trente-six ont voté contre tandis que 19 autres, membres du parti du président Nicos Anastasiades, s'abstenaient.

Le chef de l'Etat, en fonctions depuis un mois à peine, a réuni mercredi à la présidence les dirigeants des partis politiques et le gouverneur de la Banque centrale. Il devait présider aussi un conseil des ministres et avoir des entretiens avec des responsables de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI).

Le président Anastasiades devait avoir dans la journée un entretien téléphonique avec son homologue français François Hollande.

Pendant ce temps-là, son ministre des Finances, Michael Sarris, est à Moscou où il a eu des entretiens avec son homologue russe, Anton Silouanov. A l'issue d'entretiens dans la matinée, aucun accord n'a cependant été trouvé sur la question d'un prêt russe à Chypre.

Chypre demande à la Russie de proroger de cinq ans, jusqu'en 2021, un prêt de 2,5 milliards d'euros obtenu en 2011 et qui vient à échéance en 2016. Chypre souhaiterait en outre que Moscou revoie à la baisse le taux d'intérêt (4,5%) de ce prêt.

Chypre a demandé en outre à la Russie de lui prêter cinq milliards d'euros supplémentaires, indique le ministère russe des Finances, mais Moscou n'a pas fait de réponse à ce sujet.

"Nous avons eu une discussion très franche, nous avons souligné à quel point la situation était difficile", a dit Sarris à la presse. "Nous allons poursuivre nos discussions pour trouver une solution, grâce à laquelle nous espérons recevoir un certain soutien", a-t-il continué.

Selon certaines informations, le géant russe des hydrocarbures Gazprom aurait concocté son propre plan d'aide, en échange de droits de forage dans les gisements gaziers chypriotes en mer. Noble Energy a fait état fin 2011 de la découverte de gisements renfermant cinq à huit mille milliards de mètres cubes de gaz naturel au sud de Chypre.

BOURSE ET BANQUES FERMÉES

Mardi soir, Nicos Anastasiades s'était entretenu par téléphone avec le président russe Vladimir Poutine après le rejet du plan européen au parlement.

A Vienne, la ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter, a déclaré mercredi que la balle était désormais dans le camp de Chypre pour proposer de nouvelles mesures.

"Nous aiderons naturellement les Chypriotes mais seulement à des conditions qui ont un sens. Il est clair que ni le MES (Mécanisme européen de stabilité) ni la BCE ne peuvent permettre que l'on soit en présence d'un puits sans fond", a-t-elle déclaré à la presse.

"La balle est dans le camp de Chypre", estimait lui aussi mardi soir le ministre néerlandais des Finances, Jeroen Dijsselbloem, qui préside l'Eurogroupe.

Pour l'Allemagne, Chypre ne peut reprocher à personne d'autre qu'à elle-même la gravité de la situation.

"Dans une telle situation, avec l'insolvabilité qui guette, alors, les créanciers doivent participer s'ils veulent éviter la faillite. Si vous voulez éviter cela, alors les investisseurs de la banque doivent contribuer. Qu'il s'agisse d'un plan d'aide ou d'une taxe, c'est à Chypre d'en décider", a estimé le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble.

La Bourse de Chypre et les banques restaient fermées mercredi. Le week-end dernier, les Chypriotes inquiets pour leurs économies se sont rués vers les distributeurs de billet après l'annonce du projet de taxation des dépôts bancaires. Ces taxations étaient destinées à permettre à l'Etat de collecter 5,8 milliards d'euros en contrepartie du plan de sauvetage.

Chypre subit là une crise sans précédent dans son histoire, depuis la scission de l'île en 1974, laquelle a entraîné le déplacement d'un quart de sa population.

Alors que Bruxelles a souligné que les mesures de taxations étaient un cas unique, pour un pays qui pèse 0,2% du PIB de l'UE, l'inquiétude d'une extension d'une telle mesure à d'autres pays a pris de l'ampleur.

Même l'Eglise orthodoxe chypriote a proposé son aide. "La totalité de la richesse de l'Eglise est à la disposition du pays(...)", a déclaré l'archevêque Chrysostome après avoir vu le chef de l'Etat mercredi matin.

L'Eglise orthodoxe de Chypre est l'un des principaux actionnaires de la troisième banque de Chypre, Hellenic Bank.

Michele Kambas et Karolina Tagaris; Eric Faye pour le service français

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  • M4630217 le mercredi 20 mar 2013 à 12:25

    Pourquoi le gaz chipriote intéresse les russes et pas les Etats Européens ? faut m'expliquer ?

  • jcbeg le mercredi 20 mar 2013 à 12:04

    La faillite de Chypre....

  • o.top le mercredi 20 mar 2013 à 10:24

    NOUS SOMMES TOUS ECOEURES DES DECISIONS DE NOS POLITIQUES EUROPEENS. CA DEVIENT PENIBLE

  • j.capman le mercredi 20 mar 2013 à 10:08

    Aucun commentaires es ce possible!!