Le président Bouteflika dissout le DRS, le renseignement algérien

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    ALGER, 25 janvier (Reuters) - Le président algérien 
Abdelaziz Bouteflika a dissous il y a quelques jours le 
Département du renseignement et de la sécurité (DRS) et créé un 
nouvel organisme, le Département de surveillance et de sécurité 
(DSS), qui dépend directement de la présidence, a-t-on appris 
lundi de sources proches des services de sécurité. 
    Cette décision est largement considérée comme une nouvelle 
mesure en vue de limiter l'influence de l'armée dans la vie 
politique algérienne et de restructurer l'appareil du 
renseignement. 
    En septembre dernier, le président Bouteflika avait remplacé 
le patron du DRS, le général Mohamed Mediène, dit "Toufik", en 
poste depuis le début des années 1990, par le général Athmane 
Tartag, spécialiste de la lutte contre les groupes armés et 
conseiller spécial de la présidence. 
    Selon les analystes, Mohamed Mediène jouait de longue date 
un rôle de "faiseur de rois" en cherchant à influer, en 
coulisse, sur les choix politiques du régime. 
    La décision de dissoudre le DRS "va permettre de faire 
passer le renseignement algérien du stade d'une 'police secrète' 
à celui d'une agence de renseignement plus en mesure de 
s'adapter aux transitions en cours dans la région et en 
Algérie", a déclaré à Reuters Arslan Chikhaoui, expert sur les 
questions de sécurité. 
    Désormais, le ministère de la Défense ne supervisera plus le 
service de renseignement. "L'ère des 'faiseurs de rois' est 
officiellement révolue maintenant", a estimé un membre important 
du parti au pouvoir, le Front de libération nationale (FLN). 
    Les changements au sein de l'appareil de l'Etat sont 
observés de près en Algérie, qui est un partenaire essentiel des 
Occidentaux dans la lutte contre l'islamisme armé. 
    Agé de 78 ans, Abdelaziz Bouteflika a été réélu à un 
quatrième mandat en avril 2014 mais il est rarement apparu en 
public depuis l'attaque cérébrale dont il a été victime en 2013, 
ce qui alimente les rumeurs sur son aptitude à rester en place 
jusqu'à la fin de son actuel mandat, qui prendra fin en 2019. 
 
 (Lamine Chikhi, Eric Faye et Guy Kerivel pour le service 
français) 
 
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