Le Premier ministre ukrainien présente sa démission

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LE PREMIER MINISTRE UKRAINIEN PRÉSENTE SA DÉMISSION
LE PREMIER MINISTRE UKRAINIEN PRÉSENTE SA DÉMISSION

par Natalia Zinets et Richard Balmforth

KIEV (Reuters) - Après deux mois de crise en Ukraine, le Premier ministre, Mikola Azarov, a présenté mardi sa démission et le Parlement a abrogé les lois restreignant le droit de manifester dont l'adoption a fait monter la pression de plusieurs crans.

Azarov a expliqué sa décision par les menaces que fait peser la contestation sur l'économie du pays. Aux termes de la Constitution ukrainienne, son départ, s'il est accepté par le président Viktor Ianoukovitch, entraînera la démission de l'ensemble du gouvernement.

De leur côté, les députés de la Rada, réunis en séance extraordinaire à la demande de Ianoukovitch, ont annulé les lois limitant le droit de manifester.

Leur adoption à main levée, le 16 janvier, a radicalisé une partie des manifestants mobilisés depuis novembre à Kiev contre Ianoukovitch et son refus de signer un accord d'association avec l'Union européenne.

L'abrogation a été saluée par des hourras dans la foule des manifestants rassemblés dans le centre de la capitale.

Mais en dépit de la démission remise par Azarov et de l'annulation de ces lois jugées répressives par les opposants et plusieurs capitales étrangères, les chefs de file de la contestation ont annoncé que leur combat se poursuivait.

"Nous sommes certains que la lutte va continuer, nous n'avons franchi qu'un pas, nous n'avons pas encore tout réglé", a déclaré à la presse Vitali Klitschko, qui dirige le parti libéral Udar.

"Il nous faut changer non seulement le gouvernement mais aussi les règles du jeu", a poursuivi l'ancien boxeur, ajoutant que les députés de l'opposition allaient désormais faire pression pour obtenir une amnistie pour les opposants interpellés depuis le début de la crise.

"UN COMPROMIS SOCIAL ET POLITIQUE"

Mikola Azarov dit avoir personnellement demandé au président Ianoukovitch d'accepter sa démission.

"La situation conflictuelle qui a émergé dans le pays menace le développement économique et social de l'Ukraine, ce qui crée une menace pour l'ensemble de la société ukrainienne et pour chaque citoyen", dit-il.

"Dans le but de donner des moyens supplémentaires à la recherche d'un compromis social et politique, afin de parvenir à un règlement pacifique du conflit, j'ai pris la décision personnelle de demander au président d'accepter ma démission", ajoute-t-il.

Mikola Azarov, 66 ans, a été nommé Premier ministre après la victoire de Viktor Ianoukovitch à l'élection présidentielle de février 2010.

Chargé d'administrer une économie lourdement endettée, il s'est efforcé de maintenir la parité entre la devise ukrainienne et le dollar et a rejeté les appels du Fonds monétaire international en faveur d'une augmentation des tarifs du gaz.

Fidèle lieutenant du chef de l'Etat, il a approuvé en novembre sa décision de renoncer soudainement à un accord d'association et de libre-échange avec l'Union européenne et de favoriser au contraire un rapprochement avec la Russie.

Il s'est ainsi retrouvé en première ligne pour défendre au Parlement ce changement d'orientation à l'origine du mouvement de contestation actuel.

Azarov affirme que son départ relève d'une décision personnelle. Dans les faits, il semblait inéluctable depuis que Ianoukovitch a proposé son poste samedi soir à Arseni Iatseniouk, un des autres chefs de file de la contestation qui dirige le parti Batkivchtchina (Patrie) de l'ex-Premier ministre emprisonnée Ioulia Timochenko.

L'opposition, qui réclame de longue date la démission du gouvernement Azarov, a rejeté l'offre du président, interprétée comme un piège tendu par le chef de l'Etat pour semer la division dans ses rangs.

Avec Pavel Polityuk et Jack Stubbs; Bertrand Boucey et Henri-Pierre André pour le service français

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